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14/09/2010

L'absurdité française

Consciente des lacunes de la prise en charge de l'addiction au jeu des personnes suivant un traitement dans le cadre de la maladie de Parkinson, je réfléchis actuellement aux lignes de conduite à destination des neurologues et des familles qui y seraient confrontés.

Ce matin, j'ai eu un entretien avec un juge. Et ce à quoi je m'attendais s'est hélas confirmé. Si vous essayez d'intervenir en amont, c'est-à-dire pour protéger la personne et son patrimoine en essayant de prendre des mesures de protection juridique, cela peut échouer dès lors que le patient s'y oppose. Il peut refuser de se rendre chez un médecin assermenté dans le cadre d'une éventuelle sauvegarde de justice, curatelle ou tutelle. Autrement dit, le patient peut dilapider tout son argent alors même que l'on sait que son état est dû à l'absorption d'un médicament. La seule solution pour le patient et sa famille, c'est demander a posteriori réparation devant l'ONIAM ou CRCI et/ou les juridictions en se retournant contre le neurologue (absence d'information sur les effets indésirables du médicament, retard dans la prise en charge du syndrome de dysrégulation dopaminergique).

C'est une solution plus que regrettable. Comment en effet dans de telles conditions placer les relations patient/neurologue sous les meilleures auspices ?

Malgré ces lacunes, je persiste dans ma démarche qui est de préconiser une intervention en amont. Je ne vois pas l'intérêt de laisser les choses se faire pour ensuite se retourner contre le corps médical. Et là, je vais même me faire l'avocat du diable: si la famille n'est pas responsable d'un effet d'un médicament, le corps médical pourrait estimer qu'il ne l'est pas non plus s'il a pris quelques précautions. Cependant, il a de grandes probabilités de perdre car il faudra bien réparer le préjudice de la famille. 

Cependant, si l'Etat ne met pas en place des leviers de protection au nom de la sacro-sainte liberté de la personne alors même qu'il a connaissance d'un effet indésirable d'un médicament dont il a autorisé la mise sur le marché, le corps médical, plus exactement les neurologues condamnés ne pourraient-ils pas se retourner contre l'Etat?

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