Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

15/02/2011

Vivre l'addiction

A ceux qui me demandent comment va mon père, je tiens  d'abord à les remercier et leur délivre ensuite le bilan après plus de 6 mois de bataille. Depuis son hospitalisation en décembre et son ajustement de posologie par le troisième neurologue, il a fallu du temps mais on a réussi à concilier traitement de la maladie et canalisation des effets indésirables.

L'addiction au jeu est quasi nulle, mon père a retrouvé la vie sociale qui était la sienne et n'est plus trop violent verbalement. Quelqu'un qui ne sait pas peut même avoir quelques difficultés à deviner sa maladie.

Bon tout n'est pas parfait : il a encore des sautes d'humeur et des idées de grandeur. Mais elles sont nettement plus faciles à gérer que l'été dernier. Et j'en ai pris mon parti. Si ça arrive, ça entre par une oreille et ça sort aussitôt par l'autre. Et s'il insiste, je le préviens de ce qui l'attend. Paradoxalement, mon attitude rassure mon père. En fait, il feint l'indifférence, mais il adore que je sois là au cas où. Et puis, comme il se rend compte progressivement de ce qui lui est arrivé et qu'il ne l'assume pas encore, on n'insiste pas. Mon père déteste parler de sa maladie même s'il donne constamment l'impression qu'il va mourir demain (on ne saurait lui en vouloir, qui aime la déchéance?), évite soigneusement de rencontrer des malades (excepté un qu'il connaît depuis des lustres, c'est-à-dire avant leur maladie, et qui a été neurostimulé), et intégrer que les médicaments sont à l'origine de ses troubles, ça le perturbe énormément alors on le laisse vivre à son propre rythme.

Tout ça pour dire que c'est bien la preuve que ces médicaments sont  à l'origine des effets indésirables. Apparemment son deuxième neurologue était content et même surpris de le voir aussi bien lors de sa dernière visite la semaine passée. Si au moins, ça a pu lui démontrer que le fatalisme vis-à-vis des patients qui développent des troubles comportementaux impulsifs pouvait être facilement balayé par une meilleure prise en charge, simplement en prônant une  régulation dopaminergique adaptée, je suis contente! Mais bon, je crois qu'on n'est pas encore à ce stade.

Mais ce serait bien que TOUS les neurologues ne soient pas juste des prescripteurs, mais s'ouvrent à la pharmacologie et étudient l'échelonnement de la prise des médicaments tout au long de la journée pour éviter toute dysrégulation dopaminergique aussi légère soit-elle.

Commentaires

bonjour,
Si ton papa a du mal à assumer et crois moi c'est bien normal, il ne faut pas s'inquiéter mais à mon avis il ne faut pas non plus laisser la situation ainsi.
je vais juste t'expliquer mon vécu, même si chacun est différent.
Au début moi aussi je n'acceptais pas, puis je suis allé au centre medico-psychologique (CMP) où j'ai demandé la prise en charge par une infirmière (sorte de référend) et une psychologue.
Aux 2 personnes (chacune agit dan un registre différent et jamais ensembles) j'ai pu exprimer mon ressenti, mon désarroi, mes souffrances, etc car ils étaient neutres.
J'ai beaucoup, énormément pleuré et doucement en m'ouvrant entièrement à ces inconnues, en leur racontant des choses aussi horribles soient elles, j'ai exorcisé ce mal qui me rongeait
C'est ainsi que j'ai pu ensuite affronter (aussi bien que possible même si cela restait difficile) autant les expertises, que les médias et retrouver un certain respect de moi-même.
Voilà e que je voulais te dire
didir

Écrit par : didier | 16/02/2011

Je suis d'accord avec vous Didier. Mon père a rencontré une psy et une addictologue tout de même... Je pense qu'il faut lui laisser le temps de digérer et avancer à son propre rythme. On a beaucoup pensé à sa place pendant 6 mois, il a besoin de reprendre la sienne maintenant. Il sait qu'on est là au cas où et que s'il veut consulter, il le peut.

Écrit par : Aurélie | 16/02/2011

Les commentaires sont fermés.