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25/02/2011

Des conflits d'intérêts...

Alors il y a une expression qui revient constamment sur le tapis depuis l'affaire du Médiator, c'est "conflits d'intérêts".

Par exemple, pour dénoncer les décisions de l'AFSSAPS, d'aucuns critiquent sa composition et son financement. Sur le fond, je ne suis pas contre. A partir du moment où une instance est financée par ceux dont elle doit ensuite juger les dossiers, les conflits d'intérêts sont énormes. La pression aussi!

Alors que nous propose-t-on ? Eh bien une refonte du système. Avec d'abord une mission d'information sur le Mediator. Et là des voix s'élèvent déjà parce que certains membres de ladite commission sont eux-mêmes en conflit d'intérêts du fait de leur appartenance à un club d'un groupe pharmaceutique. En effet, ça fait un peu désordre.

Que faut-il en retirer?

Le conflit d'intérêts est gênant et suspicieux dès lors que les personnes censées en juger d'autres ne déclarent pas clairement et officiellement leurs liens.

Mais si l'on veut clairement appliquer la règle qui semble a priori la plus noble, à savoir pas de lien entre les parties, il n'y a quasiment plus de personnes admissibles à l'expertise. Qu'est-ce que je veux vous démontrer? Les spécialistes sur les questions médicales sont des praticiens, chercheurs, membres d'instances qui font qu'ils ont plusieurs casquettes et finissent donc par avoir des conflits d'intérêts.

Certains conflits sont plus visibles que d'autres.

Par exemple, un PU/PH (professeur des universités  praticien hospitalier): Il enseigne, il soigne. Il a besoin d'argent pour faire tourner son service et son unité de recherche. Alors certains organismes privés peuvent l'aider: fourniture de médicaments, de matériel, financements de recherches, de colloques, publications. Mais cette aide peut se retourner contre lui. Admettons qu'il découvre qu'un médicament en fait est dangereux... eh bien, s'il commence à l'ébruiter, que peut faire "en représailles" le laboratoire pharmaceutique? Lui couper les vivres. Et voilà, comment on peut faire taire un médecin...

Certains conflits d'intérêts sont donc plus visibles que d'autres et surtout sont  variables d'une commission, instance à l'autre. Il est donc difficile de placer le curseur et de savoir quand est-ce que l'on passe la ligne jaune.

Alors moi les doubles ou triples casquettes, ça me dérange pas dès lors qu'elles sont clairement affichées. Un spécialiste l'est du fait de la diversité de ses compétences. Là où c'est plus gênant, c'est lorsqu'une commission ou une instance est composée majoritairement de personnes issues des mêmes cénacles. Une concentration de personnes aux conflits d'intérêts identiques est plus que déplorable.

Moralité: diversifions les instances... clairement...

 

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