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09/03/2011

Du sentiment de honte

On a tous eu dans notre vie ce sentiment qu'est la honte. On sait donc ce que c'est.

Les conséquences des troubles comportementaux impulsifs produisent forcément un sentiment de honte chez les personnes concernées, que ce soit le patient ou le conjoint, les enfants voire les proches...

Je dois avouer que si ce sentiment est normal, il ne doit cependant pas perdurer.

Quand mon père a développé les troubles, j'ai bien fait comprendre à ma mère et à mon frère qu'on ne devait pas avoir honte. On avait un sérieux problème, on devait l'affronter. Remarquez, on n'avait pas le choix. Mais on n'allait certainement pas en avoir honte... en le cachant car le premier réflexe, c'est de le cacher. Faire comme si tout allait bien alors que la famille pouvait imploser à tout moment. Alors il fallait être soudés et solidaires. Avoir la même ligne de conduite et agir autant que faire se peut...

Au bout d'un moment, ces troubles étant tellement chronophages comme ils perdurent en l'absence de soutien immédiat du corps médical, il faut bien affronter le regard des autres face aux problèmes plus que visibles (violence verbale, incohérence dans les propos, absence de vie sociale, fréquentation importante des casinos et corrélativement absence du domicile conjugal, dépenses inconsidérées, mensonges de plus en plus grands, vols répétés... et cette angoisse du drame familial).

Quand j'ai senti que tout cela nous dépassait, qu'on ne pouvait pas lutter contre les médicaments, c'est là, que j'ai décidé d'exposer clairement le problème à tous nos interlocuteurs (famille, amis, banquiers, médecins). A notre grande surprise, les proches étaient plutôt honnêtes en nous disant "On a bien remarqué qu'il ne tournait pas rond". Il n'y a que les neurologues et le banquier de mon père qui ne voyaient pas son état...

Je dois avouer que pendant cette période, j'ai aussi été à l'encontre de mon père. Tout le monde peut le faire. Ah ceux qui me disent "Ah oui mais toi, Aurélie, t'as un bon mental". Là j'ai envie de répondre que je suis faillible comme tout le monde, je me souviens qu'au paroxysme des crises, l'été dernier, j'ai tout de même connu un sentiment fort désagréable: la crainte de ne jamais revoir mon père vivant, chaque soir.  Seul quelqu'un qui a vécu une telle expérience peut comprendre ce que j'écris. Vous voyez Aurélie l'infaillible a eu ses moments de désespoir elle-aussi. Mais bon, même si mon père pouvait être odieux pendant cette période, il y avait au moins une chose qui me tenait, c'est qu'il nous avait élevés moi et mon frère dans beaucoup d'amour. C'est cet amour là qui vous donne confiance et vous permet de passer les épreuves.

D'ailleurs, j'entends souvent des personnes dire "Mais comment font ces gens pour rester avec leur conjoint alors qu'il a dépensé plein d'argent, été odieux...". Je suppose qu'il y a de l'amour et surtout beaucoup d'indulgence face à des substances chimiques aux effets délétères. Et puis quand ces personnes insistent pour dire "Quand même! Après tout ce qu'il a fait...", je les emmerde. J'ai une capacité à emmerder le monde assez forte face à l'étroitesse de certains esprits. Je sais ce n'est pas donné à tout le monde. Mais Dieu, que c'est jouissif quand vous avez cette capacité!

Aujourd'hui, les choses ont changé. Les troubles ont disparu. Ma mère n'osait pas encore récemment  trop s'y habituer de crainte que cela recommence. Moi j'avoue j'ai adoré retrouver mon père tel qu'il était avant les traitements. Maintenant, je lui apprends à ne pas avoir honte puisqu'il est dans la phase où il réalise l'ensemble de ses actes et qu'il n'a aucune explication donnée par le neurologue (la première, n'y comptons pas, elle a fait la morte depuis le début, le deuxième que je pensais plus investi a quand même pas mal éludé les troubles et été "paresseux" (je reprends son terme) dans la gestion du syndrome, heureusement un troisième est passé par là et a trouvé le dosage idéal) sur cette douloureuse expérience et donc aucun soutien.

Moralité: dans l'adversité, gardez la tête haute car ce n'est pas le corps médical (c'est-à-dire celui la même qui a été défaillant) qui va vraiment vous y aider.

 

Commentaires

Bonsoir
Je découvre votre blog et m'y retrouve ... Les larmes arrivent alors que je me retrouve dans votre témoignage ! Ma maman et moi venont de nous rendre compte que mon papa a fait des crédits auprès d'organismes financiers a priori de manière compulsive ... Nous recherchons les dates mais elles semblent corrélées avec le début du traitement contre la maladie de Parkinson ! Autant dire que la somme a rembourser est conséquente, tous deux a la retraite ... Et un papa que je ne reconnais pas, un mari qui a totalement change ...
Je cherche donc a lister les différentes actions a prévoir dans les prochaines semaines (banques notamment, ou un nouveau prêt est en cours pour regrouper les crédits ... Et les prévenir d'une récidive ?!), voir avec le neurologue pour le traitement (quel est le traitement qui a convenu a votre papa ?)
Encore merci pour ce blog ... J'espère pouvoir arriver a stopper a temps la descente aux enfers de mon papa ...

Écrit par : Andara | 22/08/2011

Bonjour Andara,
Je comprends votre détresse pour l'avoir tristement vécue l'été dernier.
La banque quoi qu'elle en dise a une responsabilité si elle a laissé votre père contracter des prêts alors même que sa retraite n'était pas à même de combler tout cela. Il sera difficile de se faire entendre mais accompagnez votre mère et soyez ferme. Ne signez pas trop vite des papiers...
Dès aujourd'hui, envoyer un recommandé pour prévenir que votre père est atteint d'une maladie neurologique et qu'il souffre de troubles comportementaux dus à ses traitements qui le conduisent à des achats compulsifs et donc à contracter des prêts. Précisez que ces troubles font qu'ils altèrent ses facultés mentales.
Il faut surtout prendre RDV avec le neurologue. Essayez de vous remémorer à partir de quel moment votre père a commencé à dépenser afin d'identifier le médicament... en cause.
Pour mon père, il s'agissait du REQUIP et du TRIVASTAL mais la catégorie des agonistes dopaminergiques est vaste. Il peut également s'agir de la levodopa. Mon père a développé le syndrome (plus fort que la simple addiction) lors du mélange STALEVO et REQUIP.
Soyez ferme avec le neurologue et demander un suivi régulier (tous les mois au moins par téléphone et savoir qui contacter en cas de problème). Veiller à ce que les substances ne soient pas mélangées et surtout trop faibles en dosage... Mon père a eu des traitements tellement faibles qu'il a repris du REQUIP en douce...
Il faudra essayer de maintenir une discussion avec votre père. Sachez qu'il n'est pas lui-même et qu'il a surtout besoin d'une aide extérieure pour y remédier. Il faudra expliquer les choses à plusieurs reprises. Mais la persévérance sera votre seule chance...
Enfin si tous les crédits mettent en péril le patrimoine de vos parents, il reste la voie de la réparation en se retournant contre le neurologue pour défaut d'information (si tel est le cas).
Il y a deux possibilités:
- la voie amiable devant une CRCI (environ 18 mois)
- la voie juridique devant le TGI... (ça peut être très long... si appel et cassation).

En priorité, il convient toutefois de contacter URGEMMENT le neurologue et essayer d'obtenir une hospitalisation d'urgence si votre père est d'accord et à défaut obtenir une décroissance posologique. N'hésitez pas la fermeté à l'égard du corps médical. ça marche mieux que la gentillesse!

Écrit par : Aurélie | 24/08/2011

bonjour Aurélie, je reviens vers vous car je rentre de 5 j d'hospitalisation du centre LAENNEC à ST HERBLAIN. Après les examens neuropsycoligiques, entretiens avec psycologues et psychiatres puis neurologues, je ressort sans traitement, car j'ai refusé les médicaments avec qui j'avais eu des effets secondaires. La neurologue m'a dit que ce qui m'était arrivé n'était pas dû aux médicaments, mais qu'elle me renvoyait auprès de la première neurologue, pour mettre quelque chose en place, elle m'a bien précisé que ma maladie progressait. Finalement une semaine pour pas grand chose. Le moral n'y est pas. Suite à la procédure, j'ai un rendez-vous avec une expert psychiatre, je ne sais pas ce qui m'attend.

Salutations

Écrit par : michel DAVID | 28/11/2011

Pourquoi ne pas prendre uniquement de la levodopa si la maladie progresse ? Pour mon père, cela a fonctionné mais il faut être vigilant avec le dosage.

Écrit par : Aurélie | 28/11/2011

ps: êtes-vous allé voir Antoine Béguin?

Écrit par : aurélie | 28/11/2011

Merci pour votre réponse.

Mes parents ont contacté le neurologue, mais pas de chance, il est en congés. Il revient dans quelques jours, donc nouvel appel de programmé.
Ils avaient justement revu le neurologue fin juillet, en "urgence". Cette fois il avait demandé à papa (et maman qui était présente) s'il n'avait pas développé une addiction ... Ils avaient répondus non, et papa n'a fait le lien que le soir en revenant de cette visite de contrôle.
Papa a actuellement du REQUIP. IL était dosé à 10 mg. Il est passé à 12 après la visite de fin juillet et est actuellement à 14 depuis 2 semaines.
Côté symptômes physiques il va mieux ... par contre, nous n'avons pas de visibilité sur les addictions pour le moment.

En ce qui concerne les prêts, il en avait un en cours auprès de sa banque. Et après recherche dans les relevés, il a contracté auprès d'organismes financiers (Ce*, fran* etc) des prêts inférieurs à 10 000€ ... sur coup de tête, sans se rendre compte de ce qui se passait ! Et sur simple appel téléphonique ! C'est ce qui est le plus dur à comprendre, donner si facilement de l'argent, à des personnes en retraite ...

de ce fait, je ne pense pas que nous pourrons intenter une quelconque réparation auprès du neurologue ou des organismes financiers ...

Et pas de chance, maman n'avait jamais surveillé les comptes, vu que papa s'en chargeait depuis toujours ! Elle veillait juste à voir si éventuellement il commençait à jouer ...

Concernant la banque de mes parents, elle a demandé à rencontré ma maman il y a 2 semaines, vu que les comptes étaient dans le rouge ... Elle a ainsi découvert les dégâts ... La banque rachète les crédits en cours et les regroupe ... ils vont à priori signer pour rembourser mensuellement une certaine somme, pendant pas mal d'années.
De ce fait, j"hésite à envoyer dès maintenant une lettre AR pour alerter la banque de la maladie de papa. Ne faudrait-il pas mieux le faire après ?

Et concernant les organismes financiers, je ne vois pas comment pouvoir protéger papa de ceux-ci ... vu qu'ils sont nombreux et que les demandes se font souvent sur simple appel téléphonique. SI vous avez des idées sur ce point n'hésitez pas à m'en faire part.

J'essaie d'obtenir l'accès aux relevés de comptes de mes parents (1e étape pour moi, qui habite à plus de 500 km de chez eux et qui suis fille unique ... )

Comment va votre papa actuellement ? Quel est son traitement ?

En tout cas, merci pour votre écoute et votre réponse.
)

Écrit par : andara | 27/08/2011

Je vais vous laisser un mail.

Écrit par : Aurélie | 29/08/2011

oui j'ai pris contact avec maitre beguin, il faut attendre la suite des évènements

Écrit par : michel DAVID | 28/11/2011

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