Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

18/06/2011

De l'explication des troubles cognitifs...

Des chercheurs canadiens (Le Dr. Monchi et Penny A. MacDonald) ont livré quelques explications dans la revue Brain sur l'origine des troubles cognitifs lors de la prise de traitements antiparkinsoniens.

“Le striatum est la région du cerveau la plus affectée par la perte de dopamine dans cette maladie. Celui-ci est divisé en plusieurs parties et si, dans la maladie de Parkinson, la partie dorsale est très endommagée, le striatum ventral est quant à lui relativement préservé, du moins dans les premières phases de la maladie. Or, nous avons observé que si les fonctions du striatum dorsal sont améliorées avec la thérapie dopaminergique, le tout se fait au détriment du striatum ventral qui, lui, subit une surdose de dopamine, ce qui compromet son bon fonctionnement” .

Ils ont, dans cette étude, combiné des séries de tâches en laboratoire et la neuroimagerie médicale, ce qui a permis de distinguer les fonctions cognitives spécifiques aux striatum dorsal et ventral.

 

lire la source: ici.

 

Indéniablement, la neuro-imagerie médicale dans l'explication des causes de la maladie de Parkinson semble incontournable... Encore faut-il fixer quelques garde-fous éthiques...

17/06/2011

La déclaration des effets indésirables des médicaments par le patient ou les associations représentatives

Des textes ont récemment été adoptés afin de permettre le signalement par les patients ou leurs associations représentatives des effets indésirables de médicaments. Ce sont des textes d'application de la loi Bachelot.

Voici le décret et l'arrêté.

Dès que j'ai un peu plus de temps, je développe le dispositif et l'évalue... afin de savoir si ce système sera efficace ou non!

 

Pourquoi je vous parle de ça? Parce que dans le cadre des effets indésirables des traitements antiparkinsoniens, la majorité des médecins ne les a pas déclarés. Ce qui explique pourquoi les troubles comportementaux sont très mal pris en charge.

Je rappelle que c'est notamment grâce à une association, la CADUS, que les notices d'information desdits médicaments indiquent depuis 2006 les effets indésirables tels que l'hypersexualité, les achats compulsifs et le jeu pathologique.

Si je prends mon expérience personnelle, lorsque j'ai demandé au neurologue de déclarer l'effet indésirable (i.e. jeu pathologique), j'ai eu d'abord le droit à la réponse suivante "Mais je suis déjà débordé..." (honnêtement, je n'en doute pas une seconde!) puis après discussion pour le faire changer d'avis (oui parce que je n'abandonne pas une idée facilement) "Je vais le faire pour vous faire plaisir"... ce qui m'a passablement agacée. J'aurais juste apprécié qu'il soit convaincu de l'utilité de cette déclaration, ce que j'ai fini par lui lâcher en bonne diplomate que je suis !

 

01/06/2011

De la prémorbidité... ou pas: l'évaluation des troubles comportementaux hyper et hypodopaminergiques dans la maladie de Parkinson

Quand vous êtes confrontés en tant que parkinsoniens à des troubles comportementaux, certains médecins vont émettre plusieurs hypothèses, dès lors qu'ils réfutent le lien de causalité entre la prise des traitements et les troubles comportemenaux impulsifs, telles que le déclin cognitif ou la prémorbidité. Quand vous entendez les hypothèses, vous avez plutôt intérêt à être solide psychologiquement... car vous devez désormais osciller entre folie, démence ou idée suicidaire...

Bon le déclin cognitif, j'en ai déjà parlé donc je n'y reviendrai pas...

En revanche, la prémorbidité, j'en ai pas encore parlé. Mais pourquoi ai-je d'emblée réfuté la prémorbidité chez mon père lors de ses troubles ? D'abord par instinct. J'avais vu mon père avant la maladie, puis le changement de comportement qui correspondait à la prise d'agonistes dopaminergiques de plus en plus forte et surtout, j'ai vécu ce que j'appellerai l'ultime étape: le syndrome de dysrégulation dopaminergique avec le mélange d'agoniste dopaminergique et de levodopa. Quand vous vivez ça, vous ne vous posez pas la question du déclin cognitif et de la prémorbidité, car les caractéristiques du syndrome ne correspondent aucunement à celles des deux autres ou alors faut qu'on m'explique !

Et puis, vous tombez sur deux articles qui confortent vos impressions... Ils insistent sur la complexité desdits troubles en évoquant tant l'hyper que l'hypodopaminergie. Les troubles ne se limitent  donc ni au déclin cognitif, ni à la prémorbidité.

En lisant ces articles, je trouvais enfin des personnes qui, sinon parlaient le même langage que les proches des patients parkinsoniens victimes de troubles (loin de nous la prétention de maîtriser toutes les subtilités du vocabulaire médical), au moins parlaient de la même chose... et tentaient de les comprendre.

Là, pas besoin d'expliquer vainement les troubles et leur manifestation. On voit que l'équipe a cherché à comprendre leur manifestation chez le patient afin d'assurer une meilleure prise en charge de ce dernier. 

La difficulté tient donc à cette adaptation constante des traitements à l'état du patient, pas toujours simple à évaluer en l'absence de méthodes précises.

 

 

1)  Evaluation des troubles comportementaux hyper et hypodopaminergiques dans la maladie de Parkinson

C. Ardouin, I. Chéreau, P.-M. Llorca, E. Lhommée, F. Durif, P. Pollak, P. Krack

pour le groupe évaluation comportementale de la maladie de Parkinson 

Ces auteurs distinguent l'hyper et l'hypodopaminergie.

Ils distinguent également les troubles comportementaux issus de l'addiction dopaminergique de ceux sans addiction dopaminergique, c'est-à-dire même dans l'hypothèse où le patient respecte les prescriptions.

Leur bilan est le suivant:

"La détection du fonctionnement global sur un continuum hypo ou hyperdopaminergique devient nécessaire pour pleinement profiter des atouts et éviter les pièges des traitements. Ces troubles, avec une sémiologie proche des maladies psychiatriques, mais cependant très spécifiques de la maladie de Parkinson, doivent être pris en charge par les neurologues ou par les psychiatres avertis car ils sont complètement dépendants des traitements antiparkinsoniens et parallèles aux troubles moteurs. Ils peuvent aussi être intriqués à des troubles psychiatriques réactionnels et en rapport avec la personnalité primaire du patient, rendant de ce fait leur analyse parfois difficile".

Tout est dit.

Les auteurs proposent des tests adaptés pour détecter les troubles des patients et donc les soigner au mieux.

 

2) Apathie et addictions comportementales dans la maladie de Parkinson : l’endroit et l’envers d’une même médaille ?

Apathy and behavioural addictions in Parkinson's disease: Two opposite sides of the same coin?

E. Lhommée, E. Schmitt, A. Bichon and P. Krack

C'est un peu la suite du premier article quelque peu étoffé.

 

Respectueuse des droits d'auteur et l'article étant accessible uniquement moyennant finance auprès de l'éditeur, je vous délivre seulement le plan  :

 

Moralité: dis-moi quels sont tes troubles, je te dirai quel parkinsonien tu es... et quel traitement il te faut... ou du moins je tenterai de m'en approcher !