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20/02/2012

De la difficulté de juger des affaires de moeurs en présence de requip

Ouest-France a relaté une affaire en référé d'agression sexuelle d'un patient parkinsonien sur un enfant dont voici le lien:

"Un homme de 65 ans a été condamné mardi soir, en comparution immédiate, à dix mois de prison ferme.

Le prévenu, un Alençonnais de 65 ans, est un ami de la grand-mère. Il passe un peu pour le tonton gâteau de la famille. Quand il se présente au domicile de la mère, mercredi de la semaine dernière, pour apporter des surgelés, on lui demande de réparer des prises électriques. Il doit aller chercher ses outils chez lui. L'enfant l'accompagne, pour jouer à l'ordinateur. Que s'est-il passé ?
Les faits sont reconnus. Le retraité a pris le petit garçon sur ses genoux, alors qu'ils étaient devant l'ordinateur et il s'est livré à des atteintes sexuelles. Dont certaines, a précisé le président Chalamet, peuvent être considérées comme un viol.

Ce n'était pas la première fois qu'il s'en prenait à ce petit garçon. Il a reconnu deux autres épisodes. Des faits d'autant plus troublants que le prévenu a déjà été condamné, en 2006, à cinq ans de prison pour des faits similaires. Il était, pour cette raison, déjà suivi par un psychologue. On ne peut pas encore évaluer l'importance du traumatisme du petit garçon. Mais pour Me Guyomard, l'avocat des parents, « il va falloir l'accompagner ».

Souffrant de la maladie de Parkinson, le retraité doit prendre quatre médicaments, dont le Requip. Cette molécule est, selon le rapport de l'expert, susceptible de créer une augmentation de la libido et de favoriser le passage à l'acte. « Ça n'excuse pas son comportement, il ne donne aucune explication à son attirance pour les enfants », a observé le substitut du procureur, Sylvie Monteillet, avant de requérir deux ans de prison et un mandat de dépôt.

L'avocate de la défense, Me Hilaire, est revenue sur le passage à l'acte, dont la date coïncide avec la prise du médicament : « Il faut tenir compte de l'altération de son discernement ».

Le tribunal a prononcé une peine de 10 mois de prison, avec mandat de dépôt, inscription au fichier des délinquants sexuels, 1 500 € de dommages et intérêts et 800 € au titre des frais de justice".

 

En dépit de la difficulté à juger de telles affaires indépendamment de la prise de substances chimiques, j'ai plusieurs interrogations:

comment peut-on continuer à prescrire des agonistes dopaminergiques à un patient qui a déjà fait l'objet de déviances sexuelles?

Cela est d'autant plus surprenant que l'expert relève lui-même le problème!

Comment expliquer à un juge de manière intelligible que, aussi étrange que cela puisse paraître, la prise de REQUIP provoque ces effets chez certains patients? Parkinsonien ou pas, pédophile ou pas, je ne vois pas comment expliquer une attirance pour les enfants? Que voulait-elle entendre pour soulager sa conscience, qu'un parkinsonien en proie à des pulsions sexuelles incontrôlables explique son geste par le fait que seul un enfant ne saurait résister à ses assauts lubriques?

Toujours est-il que les neurologues doivent prendre leurs responsabilités pour éviter ces épisodes désastreux... dès lors qu'ils sont alertés de ces déviances...

 

15/02/2012

Tous pourris?

Eh non, je n'ai pas abandonné les parkinsoniens ayant subi des troubles comportementaux dans le cadre de leurs traitements. Là je reviens car j'ai appris un truc qui m'a exaspérée. Remarquez, comme je vois qu'il n'y en a pas un pour rattraper l'autre, je ne suis pas déçue. Je suis CONSTERNEE!

Didier Jambart avait réussi avec son avocat à se faire entendre des medias en novembre dernier. A cette occasion, le neurologue qui l'avait sorti d'affaire à l'époque de ses troubles, était même intervenu pour en parler. Dans mon billet, je notais un brin clairvoyante " En tant que coordinateur de CIC (recherche clinique), il va se faire beaucoup d' "amis" avec son intervention. J'ose toutefois espérer que l'ensemble des neurologues du service où il officiait auparavant écoutaient l'émission étant donné l'attitude disons désinvoltes de certains d'entre eux concernant la reconnaissance et la prise en charge desdits troubles. Je sais de quoi je parle!".

Eh bien, je ne me suis pas trompée. Ledit professeur aussi réputé et brillant soit-il a dû subir  quelques pressions (pauvre homme), puisqu'il a dû envoyer un mail dans lequel il revenait sur ses propos  qui seraient sortis de leur contexte (ben voyons) à des personnes lui demandant des comptes.

Pourquoi revient-il sur ses propos?

C'est simple ma pauvre Lucette.

Supposition et dialogue imaginaire :

Le premier neurologue, soyons honnête, il ne devait pas l'apprécier énormément donc cela ne devait pas le gêner de le voir un peu malmené. Alors il y est allé. Genre, "Ben alors, ignare, tu devais le savoir qu'ils existaient ces troubles".
Mais ce jeu est devenu un peu moins drôle le jour où les collègues qu'il appréciait, et qui avaient prescrit des agonistes dopaminergiques avec lourdeur,  ont fait l'objet de demandes de réparation devant des CRCI ou devant le TGI. Là, même si eux-aussi avaient commis la même faute, c'était plus difficile de les accuser de manquements à leurs obligations... Ben oui, comment foutre le bordel dans un service, pire dans un établissement de santé en indiquant qu'en effet, certains avaient sérieusement déconné ? Parce que les arguments utilisés pour faire plonger le premier allaient nécessairement réapparaître pour les suivants...  Normalement, le droit s'applique à tous, pas seulement aux collègues qu'on n'apprécie guère. Je sais c'est dur, mais c'est la vie... Et encore, ça va, car toi, tu n'es pas malade. Tu as juste à subir l'opprobre pour avoir dénoncé une situation scandaleuse qui devait l'être! ça pourrait être pire, je connais quelques parkinsoniens qui ont tout perdu et qui se voient abandonnés par leurs neurologues...

Mais ça c'est rien... enfin rien, je m'entends...

Le pire c'est de voir que les choses perdurent. Actuellement dans ledit service en question, quelques  neurologues pourtant bien formés (mais visiblement pas à la bonne école niveau humanité) continuent à nier les troubles. Je sais de quoi je parle, mon père ayant été suivi dans ce service. La vie est belle... mais pour sauver les patients et leurs proches en plein drame, il n'y a personne ou du moins pas grand monde. Et toi, patient, ne compte pas sur les soi-disants psychologues et addictologues du même service car leurs méthodes sont, sinon à se pendre, du moins contestables. Ben oui, ils cautionnent les attitudes désinvoltes de leurs confrères. Cher patient, de manière radicale, ils ont décrété que tu étais débile. C'est bien connu, la débilité te conduit ipso facto devant une machine à sous ou à des déviances sexuelles. Bref t'es irrécupérable... Jamais de la vie, Dieu (le neurologue pour les novices) ne s'est trompé dans ses prescriptions ! Impossible ! Mais, tu ne sais pas pourquoi, il y a un moment, il décide quand même d'arrêter les prescriptions! T'es débile mais bon arrêtons ces médicaments. Et là miracle, les addictions et les déviances sexuelles cessent. Mais Dieu ne reconnaîtra pas ce que toute personne un tantinet logique devinera... car Dieu a fait neurologie, pas toi !!! Et puis, toi patient, autre incohérence dans ton suivi, t'es tellement sujet à l'addiction que tu n'as eu qu'une séance avec l'addictologue!!! Dieu et ses acolytes savent alors très bien les raisons de ton comportement... alors autant te dire que l'addictologie, c'est du pipeau...

Moralité "Mieux vaut être riche et en bonne santé"... Ne comptez pas sur les neurologues pour vous aider!


Oui amis lecteurs, vous remarquererez que je n'apprécie que les neurologues qui reconnaissent les troubles comportementaux dans le cadre de prescriptions d'agonistes dopaminergiques. Autant vous dire qu'ils sont peu nombreux sur le marché.


Cet article aussi consternant soit-il pour les neurologues, est pesé... J'ai des preuves irréfutables sur les troubles... alors autant vous dire, ne venez pas m'importuner ... Vous ne m'avez pas écoutée lors des troubles de mon père... Si aujourd'hui on en est sorti, c'est juste grâce à nous mêmes, c'est-à-dire grâce à notre ténacité, qui a fait que le neurologue de mon père acculé a fini par demander l'avis d'un professeur aguerri. Ce dernier a tout de suite trouvé le dosage idéal convenant à mon père (je remercie donc ce professeur dudit service pour son professionnalisme). Eh oui, un an qu'on revit... sans agoniste dopaminergique et je vous le dis bien fort, mon père est loin d'être débile...

Après comme je ne suis pas du genre à me démonter (je pourrais rester pénarde, tranquille maintenant que mon père est sorti d'affaire mais quand j'ai vu comment le corps médical traitait les patients et leur entourage dans ce genre d'affaires, j'ai décidé d'agir car les armes étaient sacrément inégales et comme mon père m'a financé des études de droit, autant qu'elles servent à quelque chose), si cette équipe de neurologie qui comprend des pointures souhaite m'entendre, il n'y a aucun souci. Je veux bien aller le faire un exposé sur la vie d'une famille dès lors qu'ils surdosent... car aussi étrange que cela puisse paraître, ils ne veulent pas l'entendre, même s'ils savent que cela existe à en croire la littérature médicale plutôt prolixe sur le sujet. Faudra donc t-il attendre que l'un d'entre eux soit personnellement touché pour qu'ils prennent conscience de leurs erreurs? Rien n'est moins sûr. Le corps médical garde de drôles mystères...