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14/10/2012

Ah les experts...

J'ai lu une coupure de presse relatant l'audience du procès GSK, Docteur H versus Didier Jambart. Autant vous dire que le laboratoire n'y est pas allé avec le dos de la cuillère pour défendre son bifteck. Il s'est appuyé sur une expertise qu'il a demandé de Didier Jambart (sans que l'expert choisi par GSK ne rencontre ce dernier!) pour démontrer sa soi-disante irresponsabilité.

J'ai eu accès à cette expertise. Autant vous dire, qu'elle est surprenante à plusieurs égards.

D'abord ce qui m'a surprise c'est le choix d'un expert addictologue...  J'ai épluché son CV aussi long que mon bras... pas une publication sur l'addiction et Parkinson... Les mauvaises langues rétorqueront mais ma petite dame, tous les spécialistes de Parkinson ont des conflits d'intérêts avec les labos. Je répondrais: faut distinguer conflits et liens d'intérêts...

Ensuite, même si des patients développent des troubles d'addiction dans le cadre des traitements antiparkinsoniens, j'ai envie de dire que le recours aux addictologues ne sert à rien. Je ne le dis pas par méchanceté ou provocation mais par expérience. Lorsque mon père a été hospitalisé lors de ses troubles, l'addictologue refusait tout lien avec le Requip... et expliquait , de concert avec le neurologue et le psychiatre, l'addiction de mon père par une débilité... C'est bien connu, la débilité t'emmène ipso facto devant une machine à sous. Pourtant, force est de constater qu'avec le sevrage du REQUIP, tous les troubles de mon père ont fini par disparaître et aucune consultation avec l'addictologue n'a été reconduite. Bref mon père ne l'a vue qu'une fois! La concordance chronologique expliquait tout, même si personne ne le disait. Quand j'ai mis les pieds dans le plat, le neurologue l'a admis du bout des lèvres...

Ensuite, ce qui est suprenant dans cette expertise, c'est qu'à aucun moment, cet addictologue ne s'appuie sur la littérature médicale relative aux troubles comportementaux dans le cadre de traitements antiparkinsoniens... encore moins des alertes de l'AFSSAPS.

Plus grave, n'est jamais mentionné le terme qui devrait pourtant l'être: le syndrome de dysrégulation dopaminergique. Visiblement il ne connaît pas. Encore moins l'hyperdopaminergie et l'hypodopaminergie... La maladie de Parkinson c'est un défaut de dopamine. On prend de la L.DOPA ou des agonistes dopaminergiques pour y remédier. Mais il peut arriver qu'en cas de surdosage, le patient développe un syndrome de dysrégulation dopaminergique. Pour être plus clair, c'est comme si on parlait du diabète, sans jamais dire qu'il s'agit d'une dysrégulation de la glycémie...

Je ne vais pas vous cacher le dénouement: l'expert donne clairement raison au laboratoire et au médecin de Didier Jambart. Il déplace sacrément la cause des troubles qui seraient dus, non à la prise du Requip, mais à la prescription concomitante de cortisone et d'antidépresseurs. Son raisonnement est constestable.

D'abord, si je prends le cas de mon père, il n'a pris aucun antidépresseur ni cortisone mais a pourtant développé des troubles identiques... à ceux de Didier Jambart.

Surtout, après l'arrêt du REQUIP chez Didier Jambart, les effets ont fini par s'estomper alors qu'il a continué les antidépresseurs...

Enfin, il faut savoir que malgré le sevrage du REQUIP, les troubles de mon père ont mis 2 à 3 mois à disparaître... tout comme ceux de Didier Jambart.

 

Indéniablement, certains passages dans ce rapport d'expertise prêtent, non seulement à confusion, mais aussi à discussion.

Par exemple, il n'explique à aucun moment pourquoi les médecins préfèrent prescrire les agonistes dopaminergiques en première intention et non la L.Dopa.
Ensuite, il mélange le service médical rendu d'un médicament et sa possibilité d'être placé en surveillance du fait de l'apparition d'effets indésirables. On ne va pas retirer du marché un médicament s'il a un effet bénéfice sur certains. Il faut juste assurer une surveillance dès lors qu'il est prescrit.

En outre, il cantonne son raisonnement aux effets bénéfiques des agonistes dopaminergiques sur le plan moteur, sans remettre en cause la possibilité qu'ils entraînent des troubles comportementaux difficilement supportables pour le patient et l'entourage. Or l'un ne va pas sans l'autre. Pendant son syndrome de dysrégulation dopaminergique, mon père n'avait aucun problème moteur, il avait une énergie incroyable mais son comportement était dangereux et asocial.
D'ailleurs, cedit expert se permet d'écrire que le patient, en l'espèce Didier Jambart, est responsable de ses problèmes étant donné qu'il ne les a jamais dits (encore fallait-il qu'il sache qu'ils pouvaient survenir) et qu'il était peu coopératif avec le corps médical particulièrement les psychiatres et addictologues...

Mais j'ai envie de lui dire, pour l'avoir vécu, qu'une fois que la machine est enrayée, il est trop tard. Le patient ne peut pas se sauver tout seul puisqu'il n'est plus lui-même. Il ne voit pas du tout le problème! Cet expert ignore visiblement ce que c'est que d'envoyer un patient qui n'est plus tout à fait lui même à une consultation avec un neurologue, psychiatre ou addictologue. Quand j'y ai été confrontée, la seule alternative proposée par le neurologue fut l'hospitalisation à la demande d'un tiers. Autrement dit, je devais assumer toute seule les carences de cet homme. Heureusement que le médecin traitant de mon père m'a soutenue en indiquant qu'il valait mieux y arriver par la discussion et non la contrainte!

Ensuite, à trois reprises, il indique que la famille de Monsieur Jambart a été défaillante pour prévenir le corps médical. Or il faut savoir qu'au début les troubles ne se voient pas... Le patient masque bien dès lors qu'il n'est confronté à aucune résistance. C'est lorsque ses troubles le dépassent, que l'entourage s'en rend compte. Et dans le cas de Monsieur Jambart, il était difficile pour la famille de les relier au REQUIP, dès lors qu'elle n'avait pas été avertie de leur potentielle survenue.

Dans mon cas, j'ai averti le corps médical en mai 2010 et notre problème ne s'est réglé qu'en décembre 2010... et encore parce que j'ai été menaçante à l'égard du corps médical. Alors j'ai envie de lui dire à ce cher expert qu'avant de juger une personne sur dossier, qu'il se renseigne sur lesdits troubles...

Au surplus, il parle de psychiatres différents et d'hospitalisations fort courtes... sans jamais se poser la question de savoir pourquoi. Ce n'est pas la famille qui les a choisis..., mais le corps médical. Les psychiatres sont issus des différentes hospitalisations. A aucun moment, la famille ne dit tiens je veux bidule, puis machin et enfin truc car on ne lui demande pas. De la même manière, si hospitalisation courte il y a, ce n'est pas à cause de la famille mais cela relève toujours du corps médical. Quand mon père a été hospitalisé 4 jours, son neurologue m'a fait remarquer "Mais vous vous rendez compte, on ne peut pas faire avec tous les patients!". Je lui ai rétorqué que cela coûtait moins cher que de prescrire lourdement du REQUIP qui ne servait à rien! Voyant la manière dont ça se passe alors que désormais la machine devrait être bien huilée lors d'un syndrome de dysrégulation dopaminergique,  maintenant, j'interviens dans le choix des professionnels de santé qui prennent en charge mon père. Je refuse la multiplication que l'on m'a imposée... initialement! On a un SEUL neurologue point barre et le médecin traitant en relais.

Si cet expert soulève parfois de bonnes questions, il est fort regrettable qu'il ne relie jamais les troubles comportementaux (addictions, trouble bipolaire, la personnalité prémorbide) à la prise d'agonistes dopaminergiques d'autant qu'il existe toute une littérature plus que prolixe à ce sujet.

En déplaçant le problème, c'est-à-dire en imputant les effets à la prise de corticoïdes et d'antidépresseurs (heureusement qu'il mentionne que le patient est réfractaire à toute prise en charge), on se demande pourquoi ils sont prescrits en l'espèce si les effets étaient connus. On se demande surtout pourquoi il n'est jamais mentionné l'absence de troubles avec le sevrage de Requip et la persistance de prescription d'antidépresseurs...

Moralité: cette expertise me laisse plus que perplexe.

Il reproche à Monsieur Jambart une démarche utilitaire dans les pièces fournies. On pourrait lui faire le même reproche, tant il omet la littérature scientifique sur les troubles comportementaux dans le cadre de traitements antiparkinsoniens.

Gageons que les juges ne soient pas dupes!

 

 

 

Commentaires

A l'occasion du procès en appel d'un parkinsonien contre le laboratoire GlaxoSmithKline (GSK), il a été révélé que 2 experts de l'ANSM (ex-AFSSAPS) avaient été rémunérées par le laboratoire GlaxoSmithKline (GSK), contre toute règle déontologique et sans l'accord de leur autorité de tutelle (mais en fait, qui est-elle?).

• L'ANSM (ex-AFSSAPS) dixit M Delorme (Chef de l’Unité Information des Patients et du Public de l'AFSSAPS) envisage de les sanctionner, voir de les exclure de leur liste d'experts.
• Le conseil national de l'Ordre des médecins (CNOM) par la voix (courrier du 17-10-2012) de son Secrétaire Général Adjoint, le Docteur Michel FILLOL a pris acte de ce non respect des règles déontologiques, mais le CNOM ne souhaitant pas "balayer" devant sa porte, le Secrétaire Général Adjoint demande à un tiers de le faire pour lui en saisissant le conseil départemental. Incroyable!.

Car les fonctions d'experts qui imposent neutralité et intégrité, ne doivent pas les empêcher de travailler dans les règles de déontologie avec les laboratoires.
Malheureusement nombre d'entre eux, confondent intérêts personnels et particulièrement financiers avec leurs fonctions de veiller à la santé de leurs concitoyens.

A ces experts, on leur confie notre santé, la santé de nos proches et le bon fonctionnement de notre système de santé.

La situation est donc d'un point de vue SANTE très grave.

VOICI donc pourquoi j'ai transmis aux médias (ce 3/11/2012) ce projet d'article (ci-dessous) en espérant qu'il saura retenir leur attention.

Bien cordialement.

Didier JAMBART

VOICI LE PROJET D'ARTICLE

Titre de l'article :
La neutralité de nombre de nos experts médicaux est elle un leurre?

Pour qui travaillent nos experts médicaux?
De qui touchent-ils une majorité de leurs revenus?
Pourquoi ne respectent ils pas la loi?
Pourquoi le conseil de l'ordre, le ministre de a santé, etc. ne disent rien?

Que de questions auxquelles aujourd'hui il est impossible d'avoir un interlocuteur.
Etonnant, non?

Et pourtant tous sont sensibles au problème de ces experts "véreux", voir informés de cas bien précis, car nommément désignés.

Mais qui doit faire quoi?
Comme le dit la chanson de Tonton David - Chacun sa route : "passe le message à ton voisin".

Nous sommes donc dans un "no man's land", tous savent mais personne ne veut tuer le ver dans le fruit.

• l'ANSM a essayé d'obliger ses experts à déclarer leurs conflits d'intérêts,
• l'ANSM a essayé d'obliger ses experts à mettre à jour régulièrement leurs déclarations de conflits d'intérêts,
• le législateur par la loi du 29 décembre 2011 (texte issu des réflexions nées de l'affaire du Médiator) a essayé d'accroitre les exigences en matière d'indépendance de l'expertise, en imposant des obligations aux experts,
• la loi française impose qu'un expert ne peut pas aliéner son indépendance d'une manière ou d'une autre et qu'il ne doit recevoir aucun argent d'un industriel qui fabrique au moins un produit pris en charge par la Sécurité sociale,
• la loi française impose qu'un expert payé par un laboratoire doit demander une autorisation préalable au Conseil de l'Ordre des Médecins (CNOM),
• la loi dit que les experts tricheurs doivent être jugés par une commission disciplinaire,
• etc.
Je vous fais grâce de l'énumération des innombrables textes de loi censés protéger les français et leur système de santé contre ces experts ripoux.

• Et tout ceci pour quel résultat?
• Et tout ceci est respecté par qui?
Quelle est l'autorité de tête (de tutelle) compétente?

La réponse est malheureusement inexistante, ce qui fait que rien n'est respecté par les experts car personne ne se sent responsable du respect de ces textes.
• l'ANSM (ex-afssaps) dit ne pas posséder ce pouvoir,
• le Conseil National de l'Ordre des Médecins (CNOM) par la voix du docteur Rousselot précise que le conseil n'est pas un organisme de contrôle, que ceci relève de la DGCCRF,
• la DGCCRF (direction générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des fraudes) ne sent pas concernée,
• etc.

Bref, nous appliquons et repectons la loi des lobbys pharmaceutiques qui elle fonctionne à merveille.

Les laboratoires continuent à rémunérer nos experts médicaux ouvertement aux yeux de tous :
• du ministère de la santé,
• de l'ANSM,
• de l'HAS (Haute Autorité de la Santé),
• du ministère de la justice (ceci concernant les experts médicaux judiciaires),
• des CRCI,
• des différentes commissions au pouvoir inexistant (exemple : la commission parlementaire sur le médiator),
• des députés, du gouvernement,
• etc.
à gouverner notre système de santé, nos experts, etc. en totale impunité.

Comment voulez-vous qu'un malade, qu'une victime d'un accident médicamenteux puissent espérer une expertise médicale neutre et indépendante.

Ceci relève du quasi impossible, même si heureusement il demeure des experts intègres.
Mais combien sont-ils et pour combien de temps?

Les laboratoires le savent bien :
"Tout s'achète, ce n'est qu'une question de prix."

Question finale : Et cet expert, il "touche" combien de la part des laboratoires ?
Gageons que les juges, les commissions (exemple : les CRCI) ne soient pas dupes de ces expertises vérolées!
Malheureusement et aussi surprenant que ceci puisse sembler dans notre pays, les médias se montrent bien silencieux à ce sujet, sur ces conflits d'intérêts, ces lobbys pharmaceutiques, etc.

La transparence n'est malheureusement pas pour aujourd'hui, ni pour demain.

La santé des français, leurs droits à obtenir réparation auprès des CRCI, de l'ONIAM, de la justice ne sont pas, ne sont plus une priorité, quelque soit le gouvernement en place.

Tout ceci n'est qu'illusion, une illusion destinée à nous faire croire que les victimes d'accidents médicamenteux ont des droits.
• droit de supplier pour obtenir un dossier médical, une copie d'examens et surtout d'ordonnances depuis longtemps détruites,
• droit de payer pour être défendu par une association.....qui ne sera peut-être même, jamais écoutée,
• droit de payer pour avoir accès à la justice,
• droit de payer pour être défendu par un avocat.......et s'entendre dire que l'on est le coupable......

Illusion, illusion d'une machinerie bien entretenue afin que jamais ne s'arrêtent ces mécanismes parfaitement huilés, destinés à nous épuiser, à nous briser d'avantage encore, et à nous faire les poches, afin que nous retombions dans l'oubli.

La réalité est toute autre, nous sommes des pantins, des semblants d'existence de justice.

L'affaire est close, au suivant !

Didier JAMBART

Écrit par : JAMBART | 03/11/2012

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