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28/06/2012

Du passage du neurologue devant le Conseil de l'Ordre

Didier Jambart a été auditionné le 18 juin 2012 par la chambre disciplinaire du Conseil de l'Ordre des médecins des Pays-de-Loire, ayant demandé une mesure disciplinaire à l'encontre du neurologue qui lui a prescrit des agonistes dopaminergiques de 2003 à 2005 sans l'avertir des risques d'effets indésirables. Comme tout le monde le sait, les troubles comportementaux de Didier ont été tels qu'ils l'ont conduit à des addictions sexuelles et au jeu, non sans causer des préjudices tant à son égard qu'à ceux de tiers (ses proches et les personnes qu'il a pu cotoyer à l'époque). Ses troubles ont cessé dès qu'il a été sevré totalement du Requip.

J'admire le courage de Didier qui se bat alors que peu de gens le soutiennent. Pire le font passer pour fou.

A lire cet article, vous comprendrez que le principe du contradictoire n'est pas assuré, Didier assurant sa propre défense contrairement à ce neurologue assisté d'un avocat.

Ce qui me sidère dans cette histoire, c'est de dire que le neurologue ne savait pas car neurologue de ville...  C'est comme si un avocat disait "Ah excusez-moi, je vous ai mal défendu car aucun professeur de droit ne m'a prévenu qu'il y avait une nouvelle loi depuis peu"... Si le spécialiste ne maîtrise pas sa matière, où va-ton?

Juste admettre l'erreur ... Je ne me fais pas trop d'illusions sur l'issue de cette procédure!

 

Vous pouvez lire l'article de Magali Grandet qui m'a donné son autorisation pour le reproduire ici et Didier Jambart pour le scan.

Commentaires

Merci Aurélie,

OUI on connaissait les neurologues Universitaires, les Neurologues Hospitaliers et les Neurologues libéraux.

Voici une nouvelle corporation :
- les Neurologues des villes

ET bientôt : les Neurologues de campagne.

Quel malheur d'en arriver à de tels arguments.

POur votre info à tous, voici ma plaidoirie lue du 18 juin



Plaidoirie lue en commission contre le Neurologue Nantais

Mr Le président, Mesdames, Messieurs

Merci de m'accorder ce temps de lecture, en espérant que je n'aurai pas de pb d'élocution, raison pour laquelle je vous remets à tous une copie de ce texte.
Aujourd'hui vous allez donc examiner ma demande de sanction disciplinaire contre le Dr xxxxxxx.

Que j'ai été atteint par la maladie de Parkinson jeune n'est déjà pas simple mais il ne s'agit là que d'un aléa de la vie.

Par contre, je pense qu’il y a eu des négligences et un manque de professionnalisme qui ont contribué à ces graves préjudices. Il ne s'agit pas d'un aléa mais d'une faute pour laquelle nous demandons une sanction.

J'ai été victime de troubles addictifs et compulsifs graves avec déviance, alors que j’étais traité par un Agoniste Dopaminergique.
Le lien de cause à effet entre ce médicament et ces troubles est bien établi par plusieurs expertises
En outre, depuis fin 2005 que je ne reçois plus de médicament de cette classe, je n’ai plus jamais présenté de tels troubles et j'ai retrouvé une vie normale, même si je souffre toujours des effets de la maladie

En neuf points succincts, je voudrais expliquer pourquoi j’émets des doutes sur le professionnalisme du Dr xxxxxxx et vous demande d'examiner ces points.

On pourrait nous reprocher: Pourquoi n'avoir rien dit? Me rendais-je compte de mes actes?
Pourquoi ne pas avoir réagi?
Tout simplement : Ma femme et moi étions incapable de réagir tellement cela bousculait notre vie.
Rien pour nous, ne pouvait nous laisser à penser à un lien de cause à effet avec mon médicament et JAMAIS le Docteur xxxxxxx ne nous a informé.

Voici la raison de ce silence dont nous accuse le Dr xxxxxxx.

1er point : Le Dr xxxxxxx affirme que je ne lui ai jamais rien dit, et pourtant à ce moment-là il avait toute ma confiance.
Un malade doit-il être plus informé que son médecin?
Ø n'ayant aucune raison d'établir une relation de cause à effet entre mon traitement et les troubles du comportement présentés, comment alors aurais-je pu, aurais-je dû lui confier de moi-même ce que je vivais?
Ø comment un malade peut-il de lui-même imaginer que les médicaments prescrits pour aller mieux, peuvent ainsi occasionner de tels dégâts sur sa personnalité et son comportement, si même le prescripteur ne l'alerte pas?

2ème point : Le Dr xxxxxxx affirme qu'il n'était au courant de rien avant septembre 2005.
Alors comment peut il expliquer :
Ø son absence d'action, de réaction après la réception des courriers du CHU en février 2005 liés à une énième tentative de suicide (soit 8 mois avant mon hospitalisation)?
Ø qu'il n'ait jamais cherché à s'informer, à comprendre, à me contacter?

3ème point : Le Dr xxxxxxx affirme procéder à un interrogatoire précis lors de chaque consultation.
Ø jamais je n'ai eu le droit à ceci, alors que c'est le minimum attendu d'un spécialiste.
Ø comment peut-il affirmer bien me soigner s'il ne procède pas à cet interrogatoire?
Ø mais le Dr xxxxxxx pourra certainement nous le démontrer? J'en doute au vu de son silence au sujet des courriers reçus du CHU, de l'absence de traces de ces dits interrogatoires précis dans mon dossier médical.

4ème point : Le Dr xxxxxxx affirme qu'il aurait agi s'il avait été informé de mes troubles.
Ø Dr xxxxxxx, avant mon hospitalisation, qu'avez-vous fait dès que vous avez su?
RIEN.
Pas d'action sur mon ttt : ni arrêt, ni réduction du ttt.
Même dans votre courrier destiné au service de neurologie du CHU, jamais vous ne citez les termes addictions, jeu, hypersexualité.
Comment pouvez-vous dire que vous auriez agi ?
Vous n'avez pas été capable de retranscrire vers le CHU Nord ce que moi et ma femme vous avions dit le 14 septembre 2005.

5ème point : Le Dr xxxxxxx affirme son ignorance des dangers des Agonistes Dopaminergiques concernant les faits d'addictions me concernant.
Mais qu'il est difficile pour le Dr xxxxxxx de rester cohérent dans ces contrevérités.
Ø le Dr xxxxxxx affirme sa connaissance des addictions en été 2005 pour ensuite les re-situer plutôt en 2006.

L'addiction est un effet de classe, elle concerne tous les agonistes dopaminergiques et ceci est connu depuis au moins la conférence de consensus du 3 mars 2000. et pourtant le Dr xxxxxxx prétend l'ignorer.

Que le Docteur xxxxxxx ignore tous des dangers des Agonistes Dopaminergiques est tout simplement :
Ø ahurissant et surtout pas en son honneur vu le peu de documents de la neurologie française diffusés depuis 2000.
"Le savoir dans les limites" : Le Dr xxxxxxx n'êtes-il pas censé connaître les risques qui font parties des données de la science médicale?

Le Dr xxxxxxx parle du caractère récent de ces effets indésirables alors que la conférence de consensus du 3 mars 2000 de la neurologie française aborde le sujet du danger de tous les agonistes dopaminergiques.

Pourtant son texte est officiellement publié largement diffusé auprès des spécialistes concernés par l'ANAES (HAS) et fait dès lors référence dans toute la neurologie française.
Aucun neurologue français ne peut dire ne pas en avoir entendu parlé.
Les membres de la Société Française de Neurologie ont reçu le texte, car publié dans la Revue Neurologique, organe de presse de cette Société.

Que le Dr xxxxxxx relise la conférence de consensus du 3 mars 2000 de la neurologie française et de sa mise en garde sur les effets indésirables des agonistes dopaminergiques .
Dans ce compte rendu de conférence de consensus sur la maladie de parkinson (la bible depuis 2000 pour tout NEUROLOGUE), p23 y est écrit ;
La psychose dopaminergique est fréquente .... et peut être déclenchée par les agonistes dopaminergiques. Elle peut se manifester par ... une hypersexualité .. .. Il faut diminuer progressivement ou arrêter les traitements .......
DONC dès 2000, la neurologie française sensibilisait aux effets indésirables des AD et de la conduite à tenir ,

Que dire des publications de la revue française "PESCRIRE" et de ses alertes répétées sur les effets indésirables des agonistes dopaminergiques en 2001, 2004 et 2005?

Depuis 2000, les revues médicales neurologiques FRANCAISES ont argumenté scientifiquement sur le danger des agonistes dopaminergiques dans les mécanismes de l'addiction et des compulsions. Ces revues sont contrôlées par des comités éditoriaux indépendants et l'information écrite peut être considérée comme sérieuse.
Mais elles n'ont pas de reconnaissance scientifique comme les revues dites indexées, ni ne sont des supports officiels de la formation continue (puisque celle ci est encore non cadrée en France).
Il n'y a donc aucune obligation pour un neurologue de les lire.
On peut affirmer qu'elles sont une source optionnelle d'information, car souvent permettent dans un langage accessible et en français de donner un condensé d'informations médicoscientifiques.

Ceci démontre donc qu'un professionnel de santé comme le Dr xxxxxxx devait suspecter un effet indésirable du médicament face à des manifestations anormales chez l'un de ses patients.

6ème point : Le Dr xxxxxxx m'a accusé du non respect des posologies prescrites
Les contradictions du Dr xxxxxxx sont étonnantes, d'abord il m'accuse de "surdosage de confort",puis ensuite me reproche d'avoir pris moins de médicaments que prescrits.

Le Dr xxxxxxx me prescrit 30mg/jour de traitement alors que le laboratoire, l'AMM et le VIDAL fixent le maximum à 24mg/jour en affirmant qu'au-delà on ignore tout des conséquences sur le cerveau du patient :
Comment un médecin peut-il dépasser les doses maximales ?
Le Docteur xxxxxxx peut-il présenter , un examen ou tout autre document qui démontre le bien fondé de cette sur-prescription?
Ø peut-être est-ce ce "dit"consensus que vous citez à la référence inconnue?
Ø peut-être est ce dans un compte rendu de l'un de vos interrogatoires "précis" mais qui ne se trouvait pas dans mon dossier médical?
Ø peut-être est-ce dans la fiche d'observation qui vous est personnelle (Article 45 du code de la santé publique(article R.4127-45)) et qui probablement comporte ces éléments justificatifs.

7ème point : Les propos injurieux du Dr xxxxxxx.
Comment moi, ma famille pouvons tolérer les écrits ou dires diffamatoires et gratuits du Dr xxxxxxx:
Ø qui me traite, via son avocat, d'alcoolique publiquement contre tout avis médical le 1er février 2011, lors du procès au TGI de Nantes. Ceci est insultant,
Ø qui me soupçonne d'avoir des antécédents de pratiques homosexuelles. Après ces inepties, le Dr xxxxxxx dit son honorabilité professionnelle mise en cause, que penser de tels propos vis à vis de moi, de ma famille, de notre honorabilité? Serait-il au demeurant homophobe?

8ème point : Le Dr xxxxxxx remet en cause mes témoignages sur mes périodes d'addictions.
Le Dr xxxxxxx émet des doutes sur la période de début et de fin de mes troubles ainsi que sur leurs arrêts définitifs.

Ce point étant purement médical et pharmacologique, voici quelques éléments de réponses fournis par les Prs xxxxxxx et xxxxxxx.
"Il existe un effet rémanent classiquement observé par les neurologues après un traitement sous Agoniste dopaminergique qui entraîne un mode de fonctionnement cérébral particulier que les neurologues décrivent comme une plasticité cérébrale anormale.
Pour résoudre ce dysfonctionnement il est nécessaire d'arrêter tout AD et de "ré-éduquer" le fonctionnement du cerveau.
La notion d'effet-dose est une notion classique de pharmacologie qui peut persister pendant des mois et est bien connu en neurologie.

Dernier point : Le Dr xxxxxxx démontre son manque de respect pour ses pairs et pour les experts indépendants.

Un manque de respect pour ses pairs :
Ø en rejetant sa responsabilité sur mon médecin référent, en l'accusant d'avoir rédigé des ordonnances à son insu, alors qu'il ne s'agissait que " de renouvellement d'ordonnances" et une fois d'une erreur d'ordonnance du Dr xxxxxxx
Ø en ne respectant pas un courriel privé (entre le Pr xxxxxxx, le comité de direction de la SFN et le Pr xxxxxxx ), et en se l'appropriant sans l'autorisation ni de son auteur ni de son destinataire,
Ø en réfutant la crédibilité des documents rédigés par le Pr. xxxxxxx, les nombreux psychiatres, etc.

Un manque de respect envers les experts indépendants :
Ø en jugeant leurs 9 heures d' expertises de sommaires et pourtant contradictoires puisque le Dr xxxxxxx a pu y développer ses arguments.
Ø en décrédibilisant ces expertises indépendantes au profit d'une expertise "virtuelle" car réalisée à distance par un docteur officiant aux commissions des AMM (yc le REQUIP AMM 2006) et rémunérée par le laboratoire impliqué ce qui est inadmissible.
La position du Dr xxxxxxx est embarrassante, vu toutes ces affaires de conflits d'intérêts qui ont nuit à la confiance des Français envers notre système de santé.
Ø en taisant la décision de la CRCI jugeant sa responsabilité à 20% pour n'argumenter que sur le rapport de ces mêmes experts indépendants qu'il dénigre par ailleurs.

Pour conclure je crois en un jugement indépendant, en soulignant que contrairement au Dr xxxxxxx je ne demande pas d'argent mais simplement une sanction quelle qu'elle soit contre le Dr xxxxxxx.

J’en ai terminé de ma déclaration et je vous remercie de votre attention.

Didier JAMBART

Écrit par : jambart | 30/06/2012

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