Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

14/10/2012

Ah les experts...

J'ai lu une coupure de presse relatant l'audience du procès GSK, Docteur H versus Didier Jambart. Autant vous dire que le laboratoire n'y est pas allé avec le dos de la cuillère pour défendre son bifteck. Il s'est appuyé sur une expertise qu'il a demandé de Didier Jambart (sans que l'expert choisi par GSK ne rencontre ce dernier!) pour démontrer sa soi-disante irresponsabilité.

J'ai eu accès à cette expertise. Autant vous dire, qu'elle est surprenante à plusieurs égards.

D'abord ce qui m'a surprise c'est le choix d'un expert addictologue...  J'ai épluché son CV aussi long que mon bras... pas une publication sur l'addiction et Parkinson... Les mauvaises langues rétorqueront mais ma petite dame, tous les spécialistes de Parkinson ont des conflits d'intérêts avec les labos. Je répondrais: faut distinguer conflits et liens d'intérêts...

Ensuite, même si des patients développent des troubles d'addiction dans le cadre des traitements antiparkinsoniens, j'ai envie de dire que le recours aux addictologues ne sert à rien. Je ne le dis pas par méchanceté ou provocation mais par expérience. Lorsque mon père a été hospitalisé lors de ses troubles, l'addictologue refusait tout lien avec le Requip... et expliquait , de concert avec le neurologue et le psychiatre, l'addiction de mon père par une débilité... C'est bien connu, la débilité t'emmène ipso facto devant une machine à sous. Pourtant, force est de constater qu'avec le sevrage du REQUIP, tous les troubles de mon père ont fini par disparaître et aucune consultation avec l'addictologue n'a été reconduite. Bref mon père ne l'a vue qu'une fois! La concordance chronologique expliquait tout, même si personne ne le disait. Quand j'ai mis les pieds dans le plat, le neurologue l'a admis du bout des lèvres...

Ensuite, ce qui est suprenant dans cette expertise, c'est qu'à aucun moment, cet addictologue ne s'appuie sur la littérature médicale relative aux troubles comportementaux dans le cadre de traitements antiparkinsoniens... encore moins des alertes de l'AFSSAPS.

Plus grave, n'est jamais mentionné le terme qui devrait pourtant l'être: le syndrome de dysrégulation dopaminergique. Visiblement il ne connaît pas. Encore moins l'hyperdopaminergie et l'hypodopaminergie... La maladie de Parkinson c'est un défaut de dopamine. On prend de la L.DOPA ou des agonistes dopaminergiques pour y remédier. Mais il peut arriver qu'en cas de surdosage, le patient développe un syndrome de dysrégulation dopaminergique. Pour être plus clair, c'est comme si on parlait du diabète, sans jamais dire qu'il s'agit d'une dysrégulation de la glycémie...

Je ne vais pas vous cacher le dénouement: l'expert donne clairement raison au laboratoire et au médecin de Didier Jambart. Il déplace sacrément la cause des troubles qui seraient dus, non à la prise du Requip, mais à la prescription concomitante de cortisone et d'antidépresseurs. Son raisonnement est constestable.

D'abord, si je prends le cas de mon père, il n'a pris aucun antidépresseur ni cortisone mais a pourtant développé des troubles identiques... à ceux de Didier Jambart.

Surtout, après l'arrêt du REQUIP chez Didier Jambart, les effets ont fini par s'estomper alors qu'il a continué les antidépresseurs...

Enfin, il faut savoir que malgré le sevrage du REQUIP, les troubles de mon père ont mis 2 à 3 mois à disparaître... tout comme ceux de Didier Jambart.

 

Indéniablement, certains passages dans ce rapport d'expertise prêtent, non seulement à confusion, mais aussi à discussion.

Par exemple, il n'explique à aucun moment pourquoi les médecins préfèrent prescrire les agonistes dopaminergiques en première intention et non la L.Dopa.
Ensuite, il mélange le service médical rendu d'un médicament et sa possibilité d'être placé en surveillance du fait de l'apparition d'effets indésirables. On ne va pas retirer du marché un médicament s'il a un effet bénéfice sur certains. Il faut juste assurer une surveillance dès lors qu'il est prescrit.

En outre, il cantonne son raisonnement aux effets bénéfiques des agonistes dopaminergiques sur le plan moteur, sans remettre en cause la possibilité qu'ils entraînent des troubles comportementaux difficilement supportables pour le patient et l'entourage. Or l'un ne va pas sans l'autre. Pendant son syndrome de dysrégulation dopaminergique, mon père n'avait aucun problème moteur, il avait une énergie incroyable mais son comportement était dangereux et asocial.
D'ailleurs, cedit expert se permet d'écrire que le patient, en l'espèce Didier Jambart, est responsable de ses problèmes étant donné qu'il ne les a jamais dits (encore fallait-il qu'il sache qu'ils pouvaient survenir) et qu'il était peu coopératif avec le corps médical particulièrement les psychiatres et addictologues...

Mais j'ai envie de lui dire, pour l'avoir vécu, qu'une fois que la machine est enrayée, il est trop tard. Le patient ne peut pas se sauver tout seul puisqu'il n'est plus lui-même. Il ne voit pas du tout le problème! Cet expert ignore visiblement ce que c'est que d'envoyer un patient qui n'est plus tout à fait lui même à une consultation avec un neurologue, psychiatre ou addictologue. Quand j'y ai été confrontée, la seule alternative proposée par le neurologue fut l'hospitalisation à la demande d'un tiers. Autrement dit, je devais assumer toute seule les carences de cet homme. Heureusement que le médecin traitant de mon père m'a soutenue en indiquant qu'il valait mieux y arriver par la discussion et non la contrainte!

Ensuite, à trois reprises, il indique que la famille de Monsieur Jambart a été défaillante pour prévenir le corps médical. Or il faut savoir qu'au début les troubles ne se voient pas... Le patient masque bien dès lors qu'il n'est confronté à aucune résistance. C'est lorsque ses troubles le dépassent, que l'entourage s'en rend compte. Et dans le cas de Monsieur Jambart, il était difficile pour la famille de les relier au REQUIP, dès lors qu'elle n'avait pas été avertie de leur potentielle survenue.

Dans mon cas, j'ai averti le corps médical en mai 2010 et notre problème ne s'est réglé qu'en décembre 2010... et encore parce que j'ai été menaçante à l'égard du corps médical. Alors j'ai envie de lui dire à ce cher expert qu'avant de juger une personne sur dossier, qu'il se renseigne sur lesdits troubles...

Au surplus, il parle de psychiatres différents et d'hospitalisations fort courtes... sans jamais se poser la question de savoir pourquoi. Ce n'est pas la famille qui les a choisis..., mais le corps médical. Les psychiatres sont issus des différentes hospitalisations. A aucun moment, la famille ne dit tiens je veux bidule, puis machin et enfin truc car on ne lui demande pas. De la même manière, si hospitalisation courte il y a, ce n'est pas à cause de la famille mais cela relève toujours du corps médical. Quand mon père a été hospitalisé 4 jours, son neurologue m'a fait remarquer "Mais vous vous rendez compte, on ne peut pas faire avec tous les patients!". Je lui ai rétorqué que cela coûtait moins cher que de prescrire lourdement du REQUIP qui ne servait à rien! Voyant la manière dont ça se passe alors que désormais la machine devrait être bien huilée lors d'un syndrome de dysrégulation dopaminergique,  maintenant, j'interviens dans le choix des professionnels de santé qui prennent en charge mon père. Je refuse la multiplication que l'on m'a imposée... initialement! On a un SEUL neurologue point barre et le médecin traitant en relais.

Si cet expert soulève parfois de bonnes questions, il est fort regrettable qu'il ne relie jamais les troubles comportementaux (addictions, trouble bipolaire, la personnalité prémorbide) à la prise d'agonistes dopaminergiques d'autant qu'il existe toute une littérature plus que prolixe à ce sujet.

En déplaçant le problème, c'est-à-dire en imputant les effets à la prise de corticoïdes et d'antidépresseurs (heureusement qu'il mentionne que le patient est réfractaire à toute prise en charge), on se demande pourquoi ils sont prescrits en l'espèce si les effets étaient connus. On se demande surtout pourquoi il n'est jamais mentionné l'absence de troubles avec le sevrage de Requip et la persistance de prescription d'antidépresseurs...

Moralité: cette expertise me laisse plus que perplexe.

Il reproche à Monsieur Jambart une démarche utilitaire dans les pièces fournies. On pourrait lui faire le même reproche, tant il omet la littérature scientifique sur les troubles comportementaux dans le cadre de traitements antiparkinsoniens.

Gageons que les juges ne soient pas dupes!

 

 

 

10/10/2012

Audience du procès en appel GSK, Docteur H contra Didier Jambart 10 octobre 2012

L'audience de l'affaire GSK, Docteur H contra Didier Jambart jugée en appel est confirmée le mercredi 10 octobre 2012 au Parlement de Rennes.

Je ne pourrai pas y assister pour raisons professionnelles, mais le coeur y est. Puisse la Cour d'appel confirmer le caractère défectueux du Requip (c) et prendre position  objectivement sur la responsabilité du neurologue en tenant compte des conséquences (désastreuses) de ses prescriptions.

Vous pouvez d'ores et déjà trouver des coupures de presse telles l'article du Télégramme ici et ici mais aussi celui de France 3, France Info, 20 minutes.

 

 

Le verdict sera connu le 28 novembre 2012.

 

Nota bene: On ne parle pas d'effets secondaires mais d'effets indésirables...

Quant aux personnes qui assimilent les effets indésirables de ces médicaments que sont les agonistes dopaminergiques aux propriétés du Viagra, à savoir une libido active, je tiens à leur préciser qu'il n'en est rien, en cas de surdosage il s'agit d'hypersexualité difficilement contrôlable par le patient.

24/09/2012

Appel Jambart versus GSK et neurologue (Cour d'Appel Rennes 10 octobre 2012)

Didier Jambart est le premier patient ayant subi les effets indésirables des agonistes dopaminergiques dans le cadre du traitement de la Maladie de Parkinson à aller en justice. Le Tribunal de Grande Instance a reconnu le caractère défectueux du médicament en cause à savoir le Requip(c) tout en déclarant irresponsable le neurologue. Pour rappel, voir ici.

Toutefois, le laboratoire GSK a fait appel de ce jugement, si bien que l'affaire va être rejugée devant la Cour d'Appel de Rennes. Actuellement, la date est fixée au mercredi 10 octobre 2012, place du Parlement à Rennes.

10/11/2011

Du sérieux de Complément d'enquête France

 

L'émission Complément d'enquête du jeudi 10 novembre sur France 2, à 22h05 s'intitule "Médicaments : que cachent les labos?".

Il est possible de la voir en replay.

L'émission explique notamment les carences de l'AFSSAPS à travers l'AMM Autorisation de Mise sur le Marché du Requip (agoniste dopaminergique) prescrit dans le cadre de la Maladie de Parkinson. Ce médicament a été déclaré défectueux par le TGI de Nantes en mars dernier, entraînant donc la responsabilité du laboratoire fabricant GSK (le labo a fait appel depuis). Pour démontrer que la laboratoire savait, l'avocat a dû faire des recherches et a constaté que l'AFSSAPS n'avait pas réagi lors des alertes, comme il l'explique si bien dans son ouvrage "Sexe et addictions sur ordonnance".

Les journalistes sont allés voir plusieurs protagonistes (Didier Jambart et son avocat Antoine Béguin, le professeur Damier, l'AFSSAPS) et a essayé d'entrer en contact avec l'expert en charge des AMM et accessoirement expert au TGI qui a rendu le jugement dans l'affaire Jambart.

Tout le monde savait et a fait en sorte de retarder le plus possible le moment de déclaration desdits effets.

Pour Didier, il a fallu d'abord que sa route croise celle d'un professeur aguerri, le Professeur Damier.  En 30 secondes, il a trouvé la cause de la descente aux enfers de ce patient: le Requip. En tant que coordinateur de CIC (recherche clinique), il va se faire beaucoup d' "amis" avec son intervention. J'ose toutefois espérer que l'ensemble des neurologues du service où il officiait auparavant écoutaient l'émission étant donné l'attitude disons désinvoltes de certains d'entre eux concernant la reconnaissance et la prise en charge desdits troubles. Je sais de quoi je parle!

Ensuite, il a fallu qu'elle croise celle de son avocat Antoine Béguin. Ce dernier s'est beaucoup investi avec la Présidente de la Cadus pour essayer d'améliorer les choses en alertant l'AFSSAPS. Les journalistes rappellent bien ce que Antoine Béguin explique plus en détails dans son ouvrage, à savoir l'inaction de l'AFSSAPS alors qu'elle était au courant des effets indésirables dudit médicament et surtout le conflit d'intérêts patents de certains experts de l'AFSSAPS, notamment l'expert  en charge des AMM qui était également expert auprès des tribunaux dans l'affaire de Didier Jambart. Les journalistes impartiaux ont tenté de le joindre. Le mutisme de ce dernier est affligeant et en dit long sur son "professionnalisme"...

Alors quid de l'information du patient aujourd'hui?

Il a les "fameuses" plaquettes destinées à informer les parkinsoniens sur les éventuels effets indésirables de leurs traitements, confectionnées par l'AFSSAPS et France Parkinson. Eh bien visiblement seul le chef en charge de l'information des patients à l'AFSSAPS a la chance de les posséder. C'est bête, il est déjà informé lui... Et les pharmaciens? Eh bien le pharmacien ne les reçoit visiblement pas d'emblée. Pour en avoir, il faut les demander, c'est-à-dire que cela suppose qu'il connaisse bien la classe des médicaments que sont les agonistes dopaminergiques. Et si par miracle, on lui en donnait sans demande expresse, le pharmacien n'a pas forcément la place dans son officine pour exposer toutes les plaquettes...

Reste France Parkinson... sauf que vu l'inertie de cette association concernant la médiatisation des troubles comportementaux et le fait que tous les patients ne sont pas adhérents, j'ai envie de dire... comme les journalistes que les patients ne sont pas à même AUJOURD'HUI d'accéder à l'information.

La solution est pourtant simple: le neurologue devrait donner cette plaquette lors de la prescription desdits médicaments au patient.


Quid de la réforme du médicament?

Ah si le Ministre de la santé met en oeuvre tout ce qu'il dit, j'ai envie dire banco... Mais comme je suis réaliste, j'attends de voir... étant donné que le petit monde de la recherche peut facilement virer au "Bal des hypocrites".


26/10/2011

Didier Jambart dans Une semaine d'enfer sur France 4

Apparemment Didier Jambart fait l'objet d'un reportage sur France 4 ce mercredi 26 février dans l'émission "Une semaine d'enfer".

Pas de panique pour ceux qui loupent l'émission, elle repassera en replay... et est rediffusée le jeudi à 00H00 et le dimanche à 12h30.

Edit jeudi 27 octobre 2011

Pour ma part, je l'ai visionnée ce jeudi sur le site de la chaîne.

Ce reportage peut surprendre dans le sens où en fait le journaliste s'est véritablement penché sur la trajectoire d'un homme. Comment un médicament peut conduire à une descente aux enfers et comment on tente d'en revenir? Loin de lui de vouloir parler des procès, des labos, des médecins, lui veut savoir comment ça s'est passé concrètement cette descente aux enfers. Il veut lever les tabous auxquels se heurtent les familles concernées. Je dois avouer que quand Didier a raconté son état pendant les traitements, il avait les mots justes car je revivais l'expérience de mon père. Comment la spirale du jeu bouffe la vie du patient, le désociabilise, le rend manipulateur et pervers pour obtenir de l'argent? Rien ne l'arrête. C'est comme si vous aviez en face de vous une machine de guerre! Physiquement vous reconnaissez votre proche mais pas mentalement ! C'est très perturbant de devoir admettre qu'un médicament peut faire de votre proche une autre personne.

Alors je l'ai déjà dit, on ne sort pas indemme de ces épreuves surtout si le traitement a perduré et a donc conduit à des comportements sexuels déviants. Et c'est là où je trouve que le journaliste a été un peu maladroit avec Didier en abordant des questions intimes... qui concernaient également des tiers, même si je devine son empathie à l'égard de son interlocuteur et cette volonté d'une vision positive face aux épreuves de la vie, aussi dures soient-elles à travers une reconstruction qui prendra le temps qu'il faut.

Le salut ne vient pas toujours de là où l'on pense... mais je suis certaine que ce journaliste voulait y contribuer!

 

Par contre, je tiens à signaler à l'équipe de François Pécheux que ces effets sont IN-DESIRABLES contrairement à ce qui est écrit sur le site de France 4.

25/10/2011

De l'intérêt de l'article de France soir...

Eh bien les medias s'y mettent. Après Revu et corrigé, c'est au tour de la presse écrite de médiatiser les troubles comportementaux avec dignité.

Je vous mets en lien l'article de Juliette Demey de France Soir en date du 25 octobre, c'est ici.

Le résumé est très clair et l'interview concise.

En effet, le quotidien fait un point sur les traitements antiparkinsoniens et leurs effets indésirables et pose quelques questions à Antoine Béguin à l'occasion de la sortie de son livre "Sexe et addictions sur ordonannce", sur les failles de notre système de pharmacovigilance, la réforme actuelle du médicament et les éventuelles alternatives pour durcir le système qui devrait toujours profiter au patient.

J'attache une grande importance aux phrases suivantes

- "Or certains (patients) n'ont jamais entendu leur neurologue évoquer ces effets indésirables"

- "Les patients, peu sensibilisés, ne préviennent pas les médecins, qui ne sont pas encouragés à faire remonter l'information...".

Eh oui il n'y a pas que les laboratoires qui sont responsables... depuis que les notices d'informations ont été actualisées ou presque...

 

Par ailleurs, je rejoins Antoine Béguin sur le manque d'ambitions des actions actuellement engagées, à savoir le maintien de la surveillance de la classe des agonistes dopaminergiques et une collaboration avec les associations...

D'abord, sans les renier, tous les patients ne vont pas dans des associations.

Ensuite, les flyers de l'AFSSAPS à destination des patients, eh bien, je ne les vois pas par exemple dans le service de consultation de neurologie du CHU (précisément dans le centre de mémoire) dans lequel se rend mon père. Pas même une affiche. J'ai eu le temps de regarder la pièce en long, en large et en travers comme j'y ai passé plus d'une heure la dernière fois.

Quand on va voir un spécialiste, on s'attend à rencontrer un "sachant" qui explique, non seulement les avantages, mais aussi les inconvénients d'un traitement... Si maintenant, il faut être aussi érudit que le spécialiste, où va-ton?

Alors pourquoi les patients concernés ne recoivent pas une lettre de l'AFSSAPS pour les alerter? Question d'opportunité et de responsabilité? L'AFSSAPS ne souhaite certainement pas ouvrir la porte de l'indemnisation...desdits patients....

Prochaine étape donc (on peut rêver): le point de vue de Xavier Bertrand... Que pense notre Ministre de la Santé de ces descentes aux enfers permises par nos autorités sanitaires ?

 

Merci à Didier et à J. Demey pour l'article en PDF.

20/04/2011

GSK interjette appel dans l'affaire du REQUIP

Le laboratoire GSK resté bien silencieux depuis le prononcé du délibéré le 31 mars, a décidé de faire appel.

Non content d'avoir bousillé la vie de Didier Jambart et de sa famille pendant quelques années, le laboratoire persiste et signe en l'achevant davantage avec de nouvelles années de procédures.

Pourquoi le laboratoire fait-il appel? Eh bien certainement pas parce qu'il a 117 100 euros à verser en première instance. Non! Là je dois avouer, le laboratoire a bénéficié d'une certaine clémence ou d'une clémence certaine des juges du fond, dans un contexte favorable en pleine affaire Médiator... Non, si le labo fait appel, c'est parce qu'il sait que Didier Jambart va contester le montant de son indemnisation. Alors le laboratoire s'est dit: je fais appel sur tout. Je vais user les victimes en leur démontrant que je ne vais pas les indemniser aussi facilement qu'elles le pensent. Et puis, surtout, je pense que la motivation de GSK tient justement au fait, que de nombreuses affaires sont pendantes. Le laboratoire essaie de gagner du temps.

J'ai envie de dire à tous ceux qui bossent chez GSK sur l'affaire du REQUIP, mais comment vous pouvez encore vous regarder dans une glace le matin? Comment alors que vous saviez les conséquences néfastes de vos médicaments, vous n'avez pas fait en sorte d'y remédier juste en disant aux neurologues prescripteurs: attention aux dosages!


Cher GSK, sache qu'avec ton requip en surdose, mon père a failli se ruiner, perdre sa femme et ses enfants et a pensé à se suicider dans les moments de descente. Et moi, GSK, je te méprise car tu as détruit 7 mois de ma vie, parce que tu as un tel pouvoir sur les médecins que personne ne m'écoutait. On me dénigrait parce que j'osais dire que tous nos problèmes venaient d'un médicament... Pour être totalement honnête, j'ai trouvé les deux premiers neurologues bien hypocrites dans la gestion dudit syndrome, alors même que les données médicales étaient claires sur la question depuis plus de 10 ans... Leurs compte-rendus médicaux valent leur pesant d'or...

Forcément, GSK, tu ne sais pas ce que c'est de vivre chaque jour dans l'angoisse, en te demandant comment ton proche va être... comment tu vas devoir vivre avec cette idée de mort et de potentiel drame familial? ça, GSK, tu t'en fous. Ce que tu vois, c'est ton pognon. Ton malheureux pognon! Mais l'argent ne fait pas le bonheur, ça, je l'ai bien compris pendant le syndrome de mon père. J'aurais eu tout l'or du monde pendant ce syndrome, que face aux gens aussi étroits d'esprit que j'ai pu rencontrer pendant cette période, mon calvaire n'aurait pourtant jamais pris fin. Seules ma persévérance et ma ténacité m'ont aidée à enfin convaincre un neurologue chevronné d'intervenir en faisant pression sur le deuxième neurologue. Pour ce faire, j'ai dû faire de mon père un objet d'études. J'ai analysé tous ses comportements. Et crois-moi, sans être pharmacologue, j'ai vite compris qu'il y avait un cycle... avec la prise du Requip. Une montée euphorique suivie aussitôt d'une descente vertigineuse... et très destructrice. Au bout d'un moment, j'étais devenue une experte pour dire à ma mère dans quelle phase mon père était : attention... ça va voler... au sens figuré d'abord, puis au sens réel. Je ne sais pas comment tu réagirais toi GSK si un de tes employés te volait ton argent après avoir ingéré le médicament que tu produis? Moi, le jour où mon père a commencé à voler, j'étais outrée et en même temps hélas préparée car j'avais lu un excellent mémoire d'un étudiant en médecine qui expliquait ledit syndrome (dès fois, je remercie mentalement ce jeune homme qui m'a permis de croire à un heureux dénouement dans les moments les plus difficiles). J'avais beau dénoncer, je me heurtais toujours à des murs (à vue d'oeil, un bon mètre quatre-vingt-dix côté neurologue et un petit mètre soixante-quinze côté banquier).

Je te dis juste ça comme ça mais il y avait 3 prises quotidiennes... donc imagine le calvaire... Enfin, je ne sais pas pourquoi je te dis ça, car tu n'as pas l'air de vouloir comprendre. Le pognon, j'oubliais.

Alors moi, je ne te demande pas d'argent. Non, je ne te ferai pas ce privilège... Je te l'ai dit, l'argent ne fait pas le bonheur... et surtout, j'ai quand même réussi à préserver le patrimoine de ma mère... à défaut d'avoir pu totalement préserver celui de mon père, qui en a donc dilapidé une bonne partie (et puis, si je voulais de l'argent, je me retournerais contre les neurologues, car dans notre cas, c'était beaucoup plus facile juridiquement de démontrer leurs fautes! Et quand j'ai fait comprendre ça au deuxième neurologue, comme par enchantement, il s'est réveillé). Mais voilà, tu n'useras pas notre famille avec les procès... où tu nieras tout en bloc et tu nous feras passer moi et ma famille pour des moins que rien. J'ai déjà dû subir le jugement de valeur du deuxième neurologue de mon père qui me faisait part de son déclin cognitif au regard de son éducation qu'il jugeait avec une certaine condescendance. Quand il a vu ma réaction, il s'est vite repris. Je pensais "T'es qui pour juger mon père? C'est toi qui me l'a transformé ainsi! A quoi ça sert d'avoir ton niveau d'études si c'est pour en arriver là?". A aucun moment, ce neurologue n'a pensé ou ne le voulait-il pas que le cerveau de mon père dépendait de son action, d'autant que 6 mois auparavant, il écrivait dans un rapport médical l'absence de tout déclin cognitif ?

GSK, tu m'as pris mon père une fois, tu ne me le reprendras pas une nouvelle fois. Hors de question! J'y veillerai personnellement.

Plutôt que de demander de l'argent, j'ai décidé de faire ce blog, de garder ma liberté de parole et de faire en sorte que dès que les premiers troubles apparaissent chez les patients,  leur entourage sache ce qu'il faut faire. Voilà mon objectif : encadrer la prise de médicaments dès lors que ces derniers sont plus nuisibles que la maladie... Comme personne ne souhaitait vraiment s'y coller, eh bien, je me suis dit pour une fois Aurélie pense aux autres, fais-le. GSK, je te remercie finalement, car c'est la première fois que je décide d'accompagner des victimes sans rien attendre en retour. Juste pour la beauté du geste. Pour éviter la ruine d'abord. Pour éviter les agressions sexuelles ensuite. J'avoue qu'un enfant, c'est sacré pour moi.  Savoir qu'un médicament pouvait conduire un homme jusqu'à présent de bonne moralité à commettre l'impensable a été la goutte d'eau. Comment GSK as-tu pu rester MUET?

Aujourd'hui, je suis simplement heureuse de constater que cette bataille a permis de sauver mon père. Il est atteint d'une maladie, qu'on ne lui rajoute pas d'autres maux pour l'achever davantage! Mon entourage n'en revient pas de cette métamorphose et donc du pouvoir destructeur de certains médicaments en l'absence de vigilance. Et toi, GSK, que fais-tu pendant ce temps là? Rien. Tu nies: "Je savais pas"... Tu me sidères par ta capacité à bien mentir...

Des fois, GSK, ta punition suprême, ça devrait être de vivre les mois de galère dans laquelle tu as mis de trop nombreuses familles... Là, crois-moi, tu serais plus enclin à indemniser les victimes qui ont tout perdu, pour que ce cercle vicieux cesse.

Mais bon, GSK, tu manques un peu de courage. Prendre des décisions à partir de ton bureau sans jamais rencontrer les familles... c'est bien ce que l'on appelle de la lâcheté! T'es censé soigner des humains mais tu manques sacrément d'humanité!

J'ignore si un jour tu comprendras ce que signifie l'expression "bêtise humaine" ...

 

Face à l'ampleur des procès en cours, les neurologues commencent enfin à se rebeller. Il était temps parce que pour certains, ça leur chauffe sacrément aux fesses !

31/03/2011

Didier Jambart a gagné son procès et obtient réparation du laboratoire GSK (requip)

J'attends de pouvoir lire l'arrêt du TGI de Nantes. Mais je peux d'ores et déjà dire que Didier Jambart a obtenu réparation.

J'ai juste eu accès au dispositif (Comme je reproche aux médecins de ne pas expliquer clairement les termes médicaux, je me dois de préciser ce terme juridique. Le "dispositif" est la partie d'un arrêt situé après la locution "Par ces motifs" qui contient la décision proprement dite.).

Le fabricant du REQUIP, le laboratoire GSK, a donc été reconnu responsable pour défectuosité du produit. Il a été condamné à verser 117 000 euros au plaignant et 11 315 euros à la CPAM.

La défense sur le caractère défectueux a donc fonctionné. C'est donc très positif. En revanche, mon premier sentiment c'est que le laboratoire s'en sort plus que bien... J'ai envie de dire QUE ça.

Le neurologue lui est déclaré irresponsable. Ce qui peut paraître a priori étonnant étant donné que si on a un peu suivi l'affaire, celui-ci avait continué à prescrire le médicament litigieux en augmentant progressivement les doses alors même que les troubles comportementaux étaient de plus en plus importants. Quid de l'obligation d'information des effets indésirables reconnus par la communauté scientifique dès les années 80, confirmés en 2000, et la dispense de soins attentifs, consciencieux et conformes aux données acquises par la science?

Mais qui dit justice, ne dit pas toujours juste mais légalité. J'attends de voir les arguments!

Que les neurologues, pour lesquels des affaires sont pendantes, ne se réjouissent pas trop vite, exceptés celle de la famille Pareau qui, certes peut encore serrer les fesses mais espérer une irresponsabilité, la déviance pédophile n'apparaissant pas clairement dans les notices... même si des cas sont connus depuis lontemps dans le monde médical... Les faits de l'affaire Jambart remontant avant l'inscription des effets indésirables en cause dans la notice de présentation des médicaments, la défectuosité du produit était possible. Certains de ces effets étant désormais inscrits dans la notice, c'est contre le neurologue qu'il faut se retourner... et donc leur responsabilité peut être mise en cause en cas de défaut d'information ou de carence dans la prise en charge des effets, id est  soins attentifs, consciencieux et conformes aux données acquises par la science précités.

 

Désormais, il faut aller de l'avant. Ne plus avoir à passer par la case justice en évitant que ces troubles comportementaux impulsifs  perdurent dès lors que le patient ou son entourage les mentionnent au neurologue. C'est mon voeu le plus cher... car je ne souhaite à personne, même à mon pire ennemi  de connaître une telle expérience!

 

 

edit mai 2011: Le laboratoire GSK ayant fait appel, il faut attendre le nouveau procès...

Que décidera la Cour d'Appel de Rennes ? Responsabilité unique du laboratoire? Ou responsabilité conjointe laboratoire/médecin prescripteur? Suspense... pendant encore un an et demi environ...

05/02/2011

L'appel de Didier Jambart ou la pharmacovigilance par les malades eux-mêmes!

Voici le message de Didier:

 

Je lance un APPEL (l'appel de février 2011) à tous les PARKINSONIENS et à leurs proches.

Je suis Didier JAMBART, la 1ère victime ayant fait reconnaître les effets indésirables des AD (agonistes dopaminergiques) en CRCI.
Vous l'avez vu dans les médias, j'intente la même démarche auprès de la justice civile du TGI de Nantes.

Je vous propose d'être le porte-parole de tous ceux qui ont subis ou ont été témoins des effets indésirables lors de leurs traitements anciens ou actuels sous AD (Agonistes Dopaminergiques).
Bref, une forme particulière de pétition.

Que tous ceux qui ont subis ou ont été témoins de personnes victimes d'effets indésirables (troubles du comportement, etc..) lors de leurs traitements parkinsoniens, me contactent sur mon mail privé.

Cela consiste à me retourner personnellement 1 document complété  (Attestation type[1].doc.) afin que l'on fasse connaître le nombre réel de victimes au ministère de la santé.

Même si vous l'avez déjà fait, on va le refaire ensemble, tous ensemble.
mon adresse est : jambartc@sfr.fr

MERCI je compte sur vous.

Didier JAMBART

 

 

 

02/02/2011

Réflexions juridiques sur le procès contre le Requip (affaire Didier Jambart)

Je suis tombée sur un petit compte-rendu de l'audience d'hier dans Ouest-France. Et j'avoue les arguments de l'avocat du laboratoire et du neurologue me font bondir.

A savoir, le neurologue ignorait les effets indésirables du patient puisqu'il ne s'en était pas ouvert à lui. L'AFSSAPS et la HAS ont sur ce point le même discours. Alors, ça se voit que toutes ces "belles" personnes n'ont pas vécu le syndrome de dysrégulation dopaminergique. D'abord, il faudrait déjà avertir le patient et surtout son entourage desdits effets. Ensuite, il faut savoir une autre chose, quand le patient a ses troubles, il est incapable de se sauver lui-même. Pourquoi? Parce qu'il n'est pas lui-même et donc il ne peut pas évoquer ses problèmes... d'emblée par honte ou par surpuissance (autre effet du médicament)! Alors de grâce, soyez gentils mesdames et messieurs les professionnels et autorités de santé de ne pas culpabiliser le patient davantage car il a déjà assez souffert comme ça!

De la même manière, affirmer qu'un médicament fonctionne sur la majorité pour minimiser les effets sur la minorité où ça se gâte, revient à dire bon ben on fait ce qu'on peut mais bon sur vous on ne sait pas pourquoi mais ça ne fonctionne pas... Une autre manière inélégante de culpabiliser le malade!

Et puis, ce qui est dingue, c'est que dans les articles de presse, on n'explique pas que ces troubles sont connus scientifiquement... Allez lire les travaux sur le syndrome de dysrégulation dopaminergique... Il a fait médecine le neurologue ou pas?

De même, dire mais dites donc vous, puisque ces médicaments marchent bien sur la majorité, vous n'auriez pas des défauts cachés... Allez vous étiez déjà porté sur le jeu, le sexe, un homo refoulé pendant qu'on y est? Ce sont des phrases que j'ai pu entendre pendant le SDD de mon père...  Par exemple, mon père qui a dû me "donner" deux claques dans la vie (pareil pour mon frère), cela fait a priori de lui quelqu'un de peu porté sur la violence. Or pendant son SDD, il était  sujet à la violence verbale  et nous redoutions qu'il passe à la violence physique... Etait-ce, si j'applique vos suppositions hâtives, parce qu'il s'était trop retenu pendant mon enfance et mon adolescence qu'il se comportait ainsi?J'ai envie de dire "Bande de cons"...

Enfin, s'agissant de la pharmacovigilance, je ne voudrais pas jeter la pierre aux neurologues mais je vais devoir le faire tout de même, non pas pour les dénigrer mais pour faire avancer la cause, à quand une déclaration systématique des effets indésirables? Ce qui a joué contre les parkinsoniens c'est cette absence de déclaration automatique... Du coup, on nous parle de "cas exceptionnels". alors que les  troubles comportementaux sont fréquents. De qui se moque-t-on d'autant que le formulaire  rappelle bien les obligations des professionnels de santé?

Oui je suis remontée, mais là c'est vraiment l'hôpital qui se fout de la charité, mais bon je ne mets pas tous les neurologues dans le même sac. Il y en a qui font très bien leur travail et c'est fort heureux !

 

 

31/01/2011

Avis de recherches

Je recherche des personnes qui ont été déclarées irresponsables par les tribunaux au sujet de vols d'argent ou d'objets commis dans le cadre de traitements anti-parkinsoniens. Je souhaite avoir accès aux arrêts... afin de voir leur motivation. Je suis particulièrement intéressée par celui de Didier Jambart (Monsieur si vous me lisez...) du tribunal correctionnel de Nantes. Mais je suppose qu'il n'est pas le seul.
Qu'avez-vous à y gagner? Rien directement. Je souhaite écrire un article sur la manière dont la justice juge les personnes dans cette situation... et de déceler éventuellement les carences du système français, si carences il y a ...

Alors si vous avez un scanner, n'hésitez pas à m'envoyer les documents sur parkinsonetaddiction@hotmail.fr...