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19/05/2011

Le portrait de Didier Jambart dans Libération

Petite information du jour: Libération a consacré un portrait, soit la célèbre et la plus courue dernière page du quotidien, à Didier Jambart.

Que dire? Eh bien l'article reflète bien son parcours, la maladie, les effets indésirables des médicaments, les troubles comportementaux, la descente aux enfers, les excès, les peurs, les doutes, la difficulté à se faire reconnaître comme victime, la famille, les proches, les procès... et la vie qui continue.

Il dit quelque chose de vrai: "Je comprends que les gens n'y croient pas, moi, j'aurais beaucoup de mal à croire une histoire pareille". De l'extérieur, ça semble, en effet, très surprenant ce lien entre le médicament et les effets. Moi la première, auparavant, je n'y aurais pas cru tout comme ma famille, ceux du monde médical compris. On a tous changé d'avis depuis le retrait de l'agoniste dopaminergique litigieux et le changement radical de mon père redevenu lui-même. Comme me disait un de mes oncles, il y a peu de temps "Il faut être pris pour comprendre!".

En lisant sa descente, je revis un peu celle de mon père. Surtout cette phrase "Si je tombais sur 20 euros, j'étais le roi du pétrole". Mon père, qu'on lui donnait 20 euros ou 1000 euros, il ne faisait aucune différence (on a donc vite compris que payer ses dettes n'était pas une bonne option). Du moment qu'il avait de l'argent, c'était parfait (alors autant prêter 20 euros plutôt que 1000 qui auraient été de toute façon aussitôt dépensés). Une fois, que l'on a compris cela, on comprend comment gérer le syndrome quand les médecins tardent à réagir. Nous, une fois que mon père était à sec sur son compte, on a réussi à gérer la situation avec le banquier de ma mère (comme quoi, il y en a qui sont très coopératifs. Bon celui de mon père je n'en parlerai pas car c'est la seule personne que j'ai trouvée la plus inhumaine pendant les troubles. J'ai certes rencontré des gens étroits d'esprit mais lui c'était pire, je n'ai d'ailleurs pas de mot pour  décrire son attitude) : une somme minimale à lui donner en cas de crise. Pendant celle-ci, le patient est ingérable. Ne pas pouvoir assouvir sa pulsion le rend hystérique, alors on a décidé, afin d'éviter tout débordement (crise, vol, violence) et de prévenir un drame familial, d'une somme minimale en cas de passage à la banque. Inutile de vous préciser que ce garde-fou a été utile à plusieurs reprises. J'ai eu cette idée après lecture de plusieurs rapports médicaux qui expliquaient les conséquences du syndrome de dysrégulation dopaminergique. Je ne dis pas que c'est la panacée. Je dis juste que c'est une manière de gérer le syndrome quand le corps médical tarde à réagir. Car en attendant leur réaction, le patient, il faut bien vivre avec... sans aucun mode d'emploi!

Dois-je ajouter que 6-7 ans séparent ces deux expériences? Autrement dit, il existe toujours des histoires comme les nôtres, et c'est ce qui fait le plus peur en fait. On sait ces effets potentiels mais malheureusement ça continue. Comme si une partie du monde médical jouait l'avenir des parkinsoniens comme on joue au poker... Allez on tente, advienne que pourra... Sauf que le pourra est assez redoutable. Il n'y a pas de mot pour le décrire!

Il y a une autre chose qui est dite dans cet article et sur laquelle il faut insister. Si certains troubles disparaissent très vite avec une réduction voire un retrait définitif des agonistes dopaminergiques, d'autres perdurent un peu plus longtemps le temps que le corps se défasse de toute cette chimie... à laquelle il est devenu dépendant.

Pour mon père, le premier traitement réduisant fortement le Requip a été un échec dans le sens où ses traitements étaient tellement bas (notamment la levodopa), que la maladie avait sacrément repris le dessus. En l'absence d'aide immédiate du neurologue face à des blocages musculaires impressionnants, mon père a repris du REQUIP en douce. Là encore, c'est un fait connu du monde médical, pourtant personne ne nous l'a dit afin d'anticiper une éventuelle rechute.

Alors les troubles ont recommencé. Il a fallu de nouveau faire pression sur le corps médical pour revoir le traitement. Il a surtout fallu environ deux mois pour que le nouveau traitement fasse son effet. C'est long pour ceux qui le vivent alors il vaut mieux le savoir.

Alors forcément, il y a une vie avant et après le syndrome de dysrégulation dopaminergique tant pour le patient que pour l'entourage. Mais plus jamais rien ne sera comme avant. Il y a ceux qui ne s'en remettront pas, ceux qui un brin fatalistes le vivront parce qu'ils n'ont pas d'autre choix et ceux qui ont décidé de se battre comme Didier, au risque d'y perdre quelques plumes. 

 

Pour voir l'article en intégralité du portrait de Didier Jambart rédigé par le journaliste Mathieu Palain dans l'édition de Libération du 19 mai 2011, c'est ici.

Remerciements à ce journaliste et à Didier Jambart pour m'avoir donné cet article en PDF.

09/03/2011

Du sentiment de honte

On a tous eu dans notre vie ce sentiment qu'est la honte. On sait donc ce que c'est.

Les conséquences des troubles comportementaux impulsifs produisent forcément un sentiment de honte chez les personnes concernées, que ce soit le patient ou le conjoint, les enfants voire les proches...

Je dois avouer que si ce sentiment est normal, il ne doit cependant pas perdurer.

Quand mon père a développé les troubles, j'ai bien fait comprendre à ma mère et à mon frère qu'on ne devait pas avoir honte. On avait un sérieux problème, on devait l'affronter. Remarquez, on n'avait pas le choix. Mais on n'allait certainement pas en avoir honte... en le cachant car le premier réflexe, c'est de le cacher. Faire comme si tout allait bien alors que la famille pouvait imploser à tout moment. Alors il fallait être soudés et solidaires. Avoir la même ligne de conduite et agir autant que faire se peut...

Au bout d'un moment, ces troubles étant tellement chronophages comme ils perdurent en l'absence de soutien immédiat du corps médical, il faut bien affronter le regard des autres face aux problèmes plus que visibles (violence verbale, incohérence dans les propos, absence de vie sociale, fréquentation importante des casinos et corrélativement absence du domicile conjugal, dépenses inconsidérées, mensonges de plus en plus grands, vols répétés... et cette angoisse du drame familial).

Quand j'ai senti que tout cela nous dépassait, qu'on ne pouvait pas lutter contre les médicaments, c'est là, que j'ai décidé d'exposer clairement le problème à tous nos interlocuteurs (famille, amis, banquiers, médecins). A notre grande surprise, les proches étaient plutôt honnêtes en nous disant "On a bien remarqué qu'il ne tournait pas rond". Il n'y a que les neurologues et le banquier de mon père qui ne voyaient pas son état...

Je dois avouer que pendant cette période, j'ai aussi été à l'encontre de mon père. Tout le monde peut le faire. Ah ceux qui me disent "Ah oui mais toi, Aurélie, t'as un bon mental". Là j'ai envie de répondre que je suis faillible comme tout le monde, je me souviens qu'au paroxysme des crises, l'été dernier, j'ai tout de même connu un sentiment fort désagréable: la crainte de ne jamais revoir mon père vivant, chaque soir.  Seul quelqu'un qui a vécu une telle expérience peut comprendre ce que j'écris. Vous voyez Aurélie l'infaillible a eu ses moments de désespoir elle-aussi. Mais bon, même si mon père pouvait être odieux pendant cette période, il y avait au moins une chose qui me tenait, c'est qu'il nous avait élevés moi et mon frère dans beaucoup d'amour. C'est cet amour là qui vous donne confiance et vous permet de passer les épreuves.

D'ailleurs, j'entends souvent des personnes dire "Mais comment font ces gens pour rester avec leur conjoint alors qu'il a dépensé plein d'argent, été odieux...". Je suppose qu'il y a de l'amour et surtout beaucoup d'indulgence face à des substances chimiques aux effets délétères. Et puis quand ces personnes insistent pour dire "Quand même! Après tout ce qu'il a fait...", je les emmerde. J'ai une capacité à emmerder le monde assez forte face à l'étroitesse de certains esprits. Je sais ce n'est pas donné à tout le monde. Mais Dieu, que c'est jouissif quand vous avez cette capacité!

Aujourd'hui, les choses ont changé. Les troubles ont disparu. Ma mère n'osait pas encore récemment  trop s'y habituer de crainte que cela recommence. Moi j'avoue j'ai adoré retrouver mon père tel qu'il était avant les traitements. Maintenant, je lui apprends à ne pas avoir honte puisqu'il est dans la phase où il réalise l'ensemble de ses actes et qu'il n'a aucune explication donnée par le neurologue (la première, n'y comptons pas, elle a fait la morte depuis le début, le deuxième que je pensais plus investi a quand même pas mal éludé les troubles et été "paresseux" (je reprends son terme) dans la gestion du syndrome, heureusement un troisième est passé par là et a trouvé le dosage idéal) sur cette douloureuse expérience et donc aucun soutien.

Moralité: dans l'adversité, gardez la tête haute car ce n'est pas le corps médical (c'est-à-dire celui la même qui a été défaillant) qui va vraiment vous y aider.

 

15/02/2011

Vivre l'addiction

A ceux qui me demandent comment va mon père, je tiens  d'abord à les remercier et leur délivre ensuite le bilan après plus de 6 mois de bataille. Depuis son hospitalisation en décembre et son ajustement de posologie par le troisième neurologue, il a fallu du temps mais on a réussi à concilier traitement de la maladie et canalisation des effets indésirables.

L'addiction au jeu est quasi nulle, mon père a retrouvé la vie sociale qui était la sienne et n'est plus trop violent verbalement. Quelqu'un qui ne sait pas peut même avoir quelques difficultés à deviner sa maladie.

Bon tout n'est pas parfait : il a encore des sautes d'humeur et des idées de grandeur. Mais elles sont nettement plus faciles à gérer que l'été dernier. Et j'en ai pris mon parti. Si ça arrive, ça entre par une oreille et ça sort aussitôt par l'autre. Et s'il insiste, je le préviens de ce qui l'attend. Paradoxalement, mon attitude rassure mon père. En fait, il feint l'indifférence, mais il adore que je sois là au cas où. Et puis, comme il se rend compte progressivement de ce qui lui est arrivé et qu'il ne l'assume pas encore, on n'insiste pas. Mon père déteste parler de sa maladie même s'il donne constamment l'impression qu'il va mourir demain (on ne saurait lui en vouloir, qui aime la déchéance?), évite soigneusement de rencontrer des malades (excepté un qu'il connaît depuis des lustres, c'est-à-dire avant leur maladie, et qui a été neurostimulé), et intégrer que les médicaments sont à l'origine de ses troubles, ça le perturbe énormément alors on le laisse vivre à son propre rythme.

Tout ça pour dire que c'est bien la preuve que ces médicaments sont  à l'origine des effets indésirables. Apparemment son deuxième neurologue était content et même surpris de le voir aussi bien lors de sa dernière visite la semaine passée. Si au moins, ça a pu lui démontrer que le fatalisme vis-à-vis des patients qui développent des troubles comportementaux impulsifs pouvait être facilement balayé par une meilleure prise en charge, simplement en prônant une  régulation dopaminergique adaptée, je suis contente! Mais bon, je crois qu'on n'est pas encore à ce stade.

Mais ce serait bien que TOUS les neurologues ne soient pas juste des prescripteurs, mais s'ouvrent à la pharmacologie et étudient l'échelonnement de la prise des médicaments tout au long de la journée pour éviter toute dysrégulation dopaminergique aussi légère soit-elle.

30/12/2010

Vivre l'addiction: encore et toujours!

J'aurais aimé terminer cette année 2010 sur une note positive en vous annonçant un brin glorieuse "Ah y est le dosage idéal est trouvé" sauf que ce n'est pas le cas!

On a eu trois semaines de répit, un bon Noël (toute la famille s'étonnait  du changement spectaculaire de mon père, même ceux du monde médical)! Sauf que le répit a été de courte durée. On a légèrement déplacé le problème.

Avec la levodopa, j'avais bien remarqué que mon père développait désormais une addiction à la nourriture  (surtout quand on le contredit, il mange!!!). J'avais bien pressenti une éventuelle folie des grandeurs.

Je viens de découvrir aujourd'hui le pot aux roses... L'achat  en cours à 15000 euros, que le banquier cautionnerait à coup de taux d'intérêt élevé. Comme je suis très claire avec mon père, il sait ce qui l'attend s'il passe à l'acte... la sauvegarde de justice sur certificat médical. Et le banquier, s'il cède, je dépose une plainte auprès du Procureur de la République pour abus de faiblesse. Pour le principe.

Mon père étant visiblement très sensible à ces traitements, autant essayer de les limiter.

J'ignore si certains d'entre vous ont testé des traitements non doparminergiques. Si oui, j'aimerais savoir lesquels et si ça fonctionne bien!

 

edit 1 mois plus tard : j'aimerai ajouter avec le recul d'un mois supplémentaire qu'il faut être très patient. Le dosage actuel est finalement le dosage idéal. Il faut un peu de temps pour atténuer puis faire disparaître complètement les troubles comportementaux impulsifs.

12/11/2010

Vivre avec une personne victime d'une addiction!

Vivre avec quelqu'un qui a une addiction n'est pas aisé. La place la plus difficile revient au conjoint! Ce qui m'avait surprise à la lecture du "mémoire" de Louis Boissière sur le syndrome de dysrégulation dopaminergique, c'est que la moitié des parkinsoniens dans cette situation finit par divorcer. Il faut dire qu'au début, le conjoint peut être compréhensif. Seulement quand on se bat depuis 6 mois et que les ennuis loin de se résorber, s'accumulent, ledit conjoint peut perdre patience et surtout perdre pied ! Passons sur certains effets indésirables (bipolarité, violences verbales, menaces physiques...) déjà compliqués à gérer, il y en a un qui m'excède depuis le début, c'est l'addiction au jeu qui peut atteindre le patrimoine de l'autre époux qui fait pourtant tout pour l'éviter. L'argent fond cependant comme du beurre au soleil. Et ce qui devait arriver arriva... Incident de paiement. Vous l'ignorez certainement mais si ça vous arrive, en tant que conjoint d'une personne atteinte d'une addiction, vous êtes également interdit bancaire si le compte est joint.

Vous avez bien essayé de prévenir le second neurologue pour dire que le traitement ne convenait pas! Mais il faut bien l'avouer, il joue aux abonnés absents depuis un mois. Il ne daigne même pas appeler ma mère! Et là c'est un paradoxe venant du monde médical, s'il y a de plus en plus de colloques sur l'addiction dans le cadre de Parkinson, il n'y a aucune amélioration s'agissant de sa prise en charge.

Je sais que mon père avait essayé une fois de lui dire que ses relations de couple étaient en train de se détériorer en août dernier. Eh bien la réponse de ce dernier a été "Cela ne me regarde pas, c'est votre vie privée". A la lecture dudit "mémoire", il semblerait tout de même qu'indirectement ça le regarde comme c'est tout de même lui qui prescrit des médicaments à l'origine des ennuis de mes parents! Il oublie que mon père est tout simplement malade et qu'il a besoin d'aide. Nous, ses proches ne pouvont pas lutter contre ces médicaments!

Nous voilà, mon frère et moi, en train de payer ses dettes car aucune personne ne nous écoute! On a beau prévenir, dans les rapports de visite médicale, seul le point de vue de mon père est retranscrit (j'ai failli m'étrangler quand j'ai lu dans l'un d'eux que mon père était un joueur depuis 6 ans. La neurologue en question se garde bien de préciser qu'elle n'a pas daigné répondre aux mails de la famille pour le vérifier).  Il n'y a que le médecin traitant qui nous croit! Or, il est connu dans la littérature médicale que le patient ment en cas d'addiction! Pire, modifie ses traitements, vole de l'argent. Mais ça, les neurologues préfèrent l'ignorer! J'ignore quand un neurologue va finir par nous écouter parce que la situation s'aggrave!

Alors voilà, si les biens de ma mère (je pense notamment au domicile conjugal) devaient être affectés suite aux carences d'un médecin, nous ne verrons hélas pas d'autres options que de se retourner contre les neurologues de mon père.  J'ai bien compris qu'on devait passer pour la famille un peu enquiquinante.... Mais bon, il y a un moment où il faut que les choses cessent. Ce serait leur  proche et leur argent, je pense qu'ils verraient les choses autrement. Leurs choix de traitement ont des conséquences désastreuses sur des familles, qui ne disposent d'aucune arme pour les combattre !

Je ne demande qu'à faire confiance à un spécialiste! D'autant que tout pourrait être si simple! Il y a des solutions juridiques à leur portée ! Six mois de réflexion permettent indéniablement de confectionner des pistes d'action !

18/10/2010

Ce que j'en pense (honnêtement !): en avoir ou pas!

ça fait 5 mois que l'addiction est là, cinq mois qu'on prévient tout le monde et finalement 5 mois que tous nous répondent, on comprend bien le problème mais personne ne fait rien.

Quand je pense qu'un "vieil" ami médecin m'a confié que la levodopa est mise sur le marché depuis 20 ans. Que l'effet est connu depuis tout ce temps (à l'époque, les gens n'allaient pas au casino, non eux c'était le téléachat (il se souvient d'une patiente qui achetait tout par 4 exemplaires) ou le PMU). Que l'AFSSAPS a fait des recommantations en 2009 seulement! Alors que faisait mon vieil ami médecin quand il en prescrivait? Eh bien, il décrochait son téléphone et appelait le procureur pour prévenir l'addiction et permettre à la famille de se préserver financièrement. Car au choc de la maladie et de ses effets indésirables, il faut gérer les finances. Mon père a pu dépenser tout son argent malgré nos alertes. Mais ce qui me dérange le plus, c'est le mépris du banquier à l'égard de ma mère. Eh oui car son argent à elle est également en jeu alors qu'elle n'a rien demandé à personne, qu'elle a travaillé honnêtement et qu'elle n'a aucune démesure dans sa gestion financière. De quel droit, peut-on faire comme si elle n'existait pas? Je suis particulièrement remontée contre la banque (qui a de mes nouvelles via la voie juridique, c'est fou comme la procédure finit par leur faire peur) ! Mais pas seulement, je suis aussi remontée contre le système.

A un docteur qui me conseillait de le suivre une semaine dans son service (j'veux bien croire qu'ils n'ont pas des métiers faciles, en même temps, personne ne les oblige à le faire) quand j'ai osé parler d'une meilleure prise en charge de l'addiction, je répondrais bien qu'en échange, je le laisse vivre une semaine avec un patient atteint d'une addiction au jeu dans le cadre d'un traitement. Je pense que si l'un d'eux vivait ce genre d'expériences, il y a longtemps que la prise en charge de ce syndrome serait améliorée.

Je trouve un peu facile de prescrire des médicaments avec des effets indésirables importants et laisser la famille se débrouiller toute seule avec le patient.

Si une personne a la solution, c'est le moment qu'elle la dise, ça soulagerait bien des familles! J'ai trouvé une seule personne à s'être inquiété de ces effets (je dois préciser que le second neurologue  de mon père s'en soucie tout de même [contrairement à la première], mais  sans du tout l'accabler la prise en charge actuelle, quel que soit le service de neurologie (après discussion avec plusieurs familles concernées), est plus que lacunaire). Il s'agit d'un médecin atteint de la maladie de Parkinson! Quand je lis ses commentaires, j'ai l'impression d'être comprise car c'est exactement ce que l'on vit actuellement! Alors je me dis mais si les neurologues ont conscience de ces problèmes, pourquoi les choses perdurent ?

A ceux qui me préconiseraient d'être constructive dans ce genre d'épreuves, je réponds que ça fait 5 mois que j'essaie de l'être et que rien ne se passe!!! J'ai d'ailleurs réfléchi à des solutions juridiques mais les neurologues sont peu enclins à les entendre, alors même qu'elles éviteraient la mise en jeu de leur responsabilité.

Ma famille et moi, on a été très patients. Maintenant on est obligés d'être très procéduriers! C'est peu enthousiasmant mais il n'y a que ça qui fonctionne! Quand je voyais passer des arrêts condamnant les neurologues à 400 000 euros suite à des syndromes de dysrégulation dopaminergique, je me disais mais quand même: Comment est-ce possible ? Pourquoi la famille n'a-t-elle pas agi plus vite pour éviter les dépenses? Aujourd'hui j'ai la réponse, la famille est intervenue mais personne n'a fait grand chose pour y remédier. Je récapitule: le neurologue peine à trouver une solution, ce qui a pour conséquence que la banque, ne voulant rien savoir,  laisse son client tout dilapider et la mesure de protection juridique est impossible si le patient refuse d'aller chez un médecin assermenté. Le serpent se mord la queue.

Mais bon, j'ai décidé de ne pas me laisser abattre. Même si une demande de mise sous tutelle est irrecevable en l'absence d'avis de médecin assermenté, j'ai directement sollicité le procureur de la république en insistant sur la contradiction de la loi. A partir du moment où la famille a prévenu toutes les autorités et que celles-ci se sont toutes renvoyées la balle, j'imagine difficilement que celle-ci ait à payer le prix de leur carence!

Si l'absurdité de la situation pouvait cesser, ce serait déjà une grande avancée.

 

A bon entendeur, salut!

28/09/2010

La décroissance posologique: ne pas céder au découragement

Je l'ai déjà écrit, bien que la décroissance posologique soit entamée, les problèmes ne sont pas pour autant réglés. Il faut faire des sortes de tests afin de trouver le dosage idéal qui permette d'assurer un équilibre entre la maladie à soigner d'une part, et la "maîtrise" des pulsions addictives d'autre part. Et là, je sens qu'on a une nouvelle fois dépassé ce seuil. Je reconnais les éléments constitutifs de l'addiction: irritabilité, isolement, caractère bipolaire, mensonge... et retour au casino! Il va falloir de nouveau batailler!

Ne pas céder au découragement! 

 

Durant les phases de dysrégulation dopaminergique, le patient adopte des comportements à risques. Il est autant un danger pour lui-même que pour les autres. Je pense qu'il faut distinguer deux étapes: la première pendant laquelle le patient se sent invincible et la seconde pendant laquelle au contraire il se dévalorise. Les idées s'embrouillent, l'agressivité se fait forte, les idées suicidaires pointent leur nez! Finalement, le plus dur, c'est de se sentir impuissant car on ne peut y remédier seul. Ce que je redoute, c'est que mon père commette l'irréparable!

20/09/2010

Le syndrome de dysrégulation dopaminergique: le point de vue pharmacologique

Un étudiant Louis Boissière en master 1 Biologie Santé à l'université de Nantes a rédigé en août 2009 un "mémoire" intitulé " Le syndrome de dysrégulation dopaminergique dans la maladie de Parkinson : quelles solutions thérapeutiques? ". Même si les solutions sont quelque peu ambivalentes, je trouve que ce "mémoire" explique bien ledit syndrome. Je vous conseille donc de le lire si le sujet vous intéresse.

Voici le lien!

 

 

12/09/2010

Vivre l'addiction

Comment est vécu par l'entourage l'addiction au jeu du patient? Eh bien il la subit plus qu'il ne la vit.

C'est une période faite de hauts et de bas avec beaucoup de pointillés.

Sur le moment, on a eu l'impression de faire des pieds et des mains pour rien. Toutes les autorités répondaient en substance "On comprend bien le problème mais ce n'est pas de notre ressort"! Bref vous avez la désagréable sensation de donner des coups d'épée dans l'eau. Notre entourage direct était d'ailleurs surpris de ne pas voir les choses avancer durant cette période qui a duré presque quatre mois.

Je vais cependant vous donner quelques tranches de vie pour vous informer si vous avez un doute vis-à-vis d'un proche.

J'ai su a posteriori que mon père avait fait ce qu'on appelle un syndrome de dysrégulation dopaminergique. En me renseignant sur cet état, j'ai compris que tous les éléments que j'avais donnés aux neurologues étaient ceux constitutifs de ce syndrome. Autrement dit, alors qu'on me donnait l'impression de m'épancher voire de me plaindre pour rien, tout ce que je relatais devait alerter immédiatement les professionnels.

Mon père était dans un état d'hyperactivité. Il avait une énergie incroyable le conduisant paradoxalement à un isolement social. Pour vous donner un exemple, il avait des cycles d'addiction de 4-5 jours où on le voyait peu. Il partait tôt et rentrait tard. Il pouvait faire 300kms par jour pour se rendre dans un casino et ne connaître aucune fatigue. Pendant ces cycles, aucune discussion n'était possible. Le patient est d'ailleurs assez vif verbalement, ce qui est assez déconcertant, déstabilisant et surprenant. Vous ne le reconnaissez plus. Ce comportement est un signe d'alerte!

Durant cette période, le patient va beaucoup vous mentir comme par exemple vous promettre de ne plus jouer et pourtant partir dans le quart d'heure qui suit au casino. J'étais d'ailleurs devenue imbattable pour déceler une crise à venir. Et depuis, dans un casino, en moins de dix minutes, je suis capable de déceler les personnes souffrant d'une addiction au jeu. C'est d'ailleurs une autre question que je devrais aborder un jour, la soi-disant présence au sein des casinos d'une équipe visant à détecter les personnes ayant développé une addiction au jeu. Cette équipe on ne l'a jamais rencontrée!

Alors que faire pendant cette période? Je n'ai hélas pas trop de conseils à vous donner. J'aimerais vous dire: restez calme, ne vous énervez pas à l'égard de votre proche, il n'y est pour rien. Pour autant, vous ne sortirez pas indemme de cette expérience.
Dans notre cas, le fait d'être une famille soudée a été déterminant. Le soutien de l'entourage aussi.

N'attendez pas forcément un soutien médical immédiatement. Le seul qu'on a proposé à ma mère fut la prescription d'un anti-dépresseur. Je vais passer pour quelqu'un de provocateur en l'écrivant mais c'est la vérité. Je dois cependant admettre qu'on a finalement bénéficié au bout d'un moment du soutien du médecin traitant et du second neurologue de mon père (je ne parlerai pas de la première qui a été jusqu'à présent quasi-absente pendant la période du syndrome). 

Et puis, dans les moments difficiles, pensez à cela : "Ce qui ne tue pas rend plus fort"! On se motive comme on peut!